16 février 2026

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Haïti : à l’approche du 7 février 2026, le parti Fusion alerte sur un vide politique imminent

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À quinze jours de la date constitutionnelle du 7 février 2026, le Parti Fusion des Socio-Démocrates Haïtiens met en garde contre un risque majeur de vide politique. Dans une note de conjoncture rendue publique, le parti dresse un constat sévère de l’échec de la transition et appelle à une nouvelle gouvernance de salut public.

Dans sa note de conjoncture 2026, le Parti Fusion des Socio-Démocrates Haïtiens estime que le pays traverse l’une des crises les plus graves de son histoire récente. Selon le parti, la transition issue du slogan de la « transition de rupture » n’a pas répondu aux attentes suscitées au sein de la population.

Le Conseil présidentiel de transition (CPT), mis en place avec pour mission principale de rétablir la sécurité et d’organiser des élections avant le 7 février 2026, est accusé par la Fusion d’avoir prolongé « l’immobilisme » et reproduit les pratiques ayant conduit le pays dans l’impasse actuelle. Après vingt-et-un mois de gouvernance, aucun résultat concret n’aurait été obtenu, notamment sur les plans sécuritaire et électoral.

La note s’appuie sur des données officielles pour illustrer la gravité de la crise économique. D’après l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique, Haïti a enregistré en 2025 une septième année consécutive de croissance négative. Le produit intérieur brut s’est contracté de 2,7 % sur l’exercice fiscal 2024-2025, portant la baisse cumulée de la richesse nationale à plus de 16 % depuis 2018.

La Banque de la République d’Haïti fait, pour sa part, état d’une inflation annuelle de 32,2 %. Une flambée des prix qui, combinée à l’insécurité et au contrôle de plusieurs axes routiers par des groupes armés, a fortement affecté le pouvoir d’achat des ménages. La production agricole, notamment celle du riz, a chuté de près de 19 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années, tandis que les investissements privés sont quasiment à l’arrêt.

Au-delà des difficultés économiques et sécuritaires, la Fusion alerte sur un danger institutionnel majeur : l’absence d’autorités légitimes à partir du 7 février 2026. Selon le parti, les divisions internes au sein de l’exécutif, les scandales de corruption et les manœuvres politiciennes ont empêché toute avancée significative vers des élections crédibles.

Face à cette situation, la Fusion appelle les principaux acteurs politiques, économiques et sociaux à se réunir rapidement afin de proposer, dans un délai de quinze jours, une nouvelle formule de gouvernance capable d’éviter l’effondrement institutionnel.

Sur le fond, le parti socio-démocrate plaide pour un changement profond de cap. Il propose la mise en place immédiate d’un plan de stabilisation d’urgence axé sur la protection sociale, avec des subventions ciblées sur les produits de première nécessité et un soutien accru au crédit agricole pour relancer la production nationale.

À plus long terme, la Fusion préconise une réforme fiscale progressive, la lutte contre les monopoles et les rentes abusives, ainsi qu’un renforcement des institutions publiques. Le parti soutient enfin la formation d’un gouvernement de salut public dirigé par un juge de la Cour de cassation, chargé de restaurer l’autorité de l’État et de créer les conditions nécessaires à l’organisation d’élections « souveraines, honnêtes et inclusives ».

À l’approche de l’échéance constitutionnelle, la note conclut par un avertissement : sans sursaut collectif, Haïti risque de s’enfoncer davantage dans la crise.

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