15 février 2026

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Affaire Epstein : quand la nièce d’Alassane Ouattara jouait les entremetteuses

3 min de lecture

Un pan africain, encore largement méconnu, vient s’ajouter à la tentaculaire affaire impliquant le financier américain Jeffrey Epstein. Des documents rendus publics le 30 janvier par le ministère de la justice des États-Unis citent plusieurs personnalités ivoiriennes, au premier rang desquelles Nina Keita, nièce du président Alassane Ouattara.

Une figure du premier cercle du pouvoir ivoirien


Nina Keïta, est née le 1er février 1982 à Abidjan. Ancienne mannequin, elle est directrice générale adjointe de la Société de gestion des stocks pétroliers de Côte d’Ivoire en abrégé Gestoci depuis le 19 juin 2019

Âgée de 44 ans, ancienne mannequin reconvertie dans la sphère politico-administrative, Nina Keita a occupé plusieurs fonctions stratégiques à Abidjan. Ex-conseillère du ministre du budget entre 2014 et 2016, elle est mariée à Adama Kamara, ministre de l’emploi. Depuis 2019, elle occupe le poste de directrice générale adjointe de la société publique chargée de la gestion des stocks pétroliers stratégiques de Côte d’Ivoire (Gestoci), un organisme clé dans l’appareil économique national.

Ces responsabilités la placent au cœur du cercle dirigeant ivoirien, dans un contexte où les relations entre sphère politique et réseaux internationaux d’affaires jouent un rôle déterminant.

Des échanges étroits avec Jeffrey Epstein

Les documents judiciaires américains, qui totalisent près de trois millions de pièces, comprennent plusieurs centaines de messages échangés entre Nina Keita et Jeffrey Epstein entre 2011 et 2018. Ils mettent en lumière une relation suivie, mêlant amitié, affaires et mise en relation d’acteurs politiques et économiques.

Selon ces éléments, Nina Keita aurait présenté son oncle, fraîchement élu à la présidence ivoirienne en 2011, à Epstein lors d’une rencontre à New York. L’année suivante, elle aurait organisé un second rendez-vous à Abidjan, au cours duquel le financier américain aurait rencontré plusieurs ministres ivoiriens afin d’évoquer d’éventuels projets d’investissement.

Les documents mentionnent également son rôle d’intermédiaire dans des négociations ayant abouti, en 2014, à l’acquisition d’un système de surveillance auprès d’Israël ainsi qu’à l’achat d’un Boeing 727 destiné à la présidence ivoirienne.

Des mises en relation controversées

Au-delà des enjeux politico-économiques, les pièces publiées évoquent des présentations de jeunes femmes — et parfois de jeunes filles — à la demande d’Epstein. Ces révélations s’inscrivent dans le cadre plus large des accusations de trafic sexuel de mineures qui ont conduit à l’arrestation du financier américain, retrouvé mort en détention à New York en 2019.

Ce volet ivoirien met en évidence l’ampleur internationale du réseau relationnel d’Epstein, qui s’étendait bien au-delà des cercles américains et européens habituellement cités.

Une onde de choc politique potentielle

En Côte d’Ivoire, ces révélations pourraient raviver les interrogations sur la proximité entre certaines figures du pouvoir et des réseaux d’influence internationaux controversés. Si les documents publiés attestent de contacts et d’interactions, ils ne constituent pas en eux-mêmes des décisions de justice concernant les personnalités ivoiriennes citées.

L’affaire Epstein continue ainsi de dévoiler, par vagues successives, l’étendue d’un système de relations mêlant argent, pouvoir et exploitation, dont les ramifications touchent désormais l’Afrique de l’Ouest.

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