16 février 2026

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Unik Ernst, 612 mentions dans le dossier Epstein : enquête sur les connexions financières et humanitaires après le tremblement de terre de 2010

5 min de lecture

Un séisme, une tragédie mondiale

Le 12 janvier 2010, un tremblement de terre d’une violence inouïe frappait Haïti. Plus de 250 000 morts selon les estimations, des centaines de milliers de blessés, et une capitale – Port-au-Prince – réduite en ruines. Les quartiers comme Bel-Air, déjà fragilisés par la pauvreté et l’instabilité, furent dévastés.

Dans les jours qui suivirent, la solidarité internationale afflua. ONG, fondations, célébrités et philanthropes se mobilisèrent. Des milliards de dollars furent promis pour la reconstruction, l’éducation et la santé. Mais seize ans plus tard, une question demeure : où est passé l’argent ? Au fil des années, de nombreuses critiques ont émergé concernant la gestion des fonds. Des observateurs, des journalistes et des acteurs locaux ont dénoncé des dérives, des projets inachevés et un manque de transparence. Certains estiment que des ONG et des fondations opérant en Haïti auraient davantage bénéficié du système de l’aide internationale que la population elle-même, alimentant le sentiment que le malheur du peuple haïtien a parfois servi d’opportunité financière plutôt que de levier de reconstruction durable.

C’est dans ce contexte que surgit un nom qui, à lui seul, incarne le scandale et l’opacité : Unik Ernst.

Un nom cité 612 fois : le dossier Epstein et ses ramifications

612 fois

Le nom de Unik Ernst apparaît 612 fois dans les dossiers judiciaires liés à ses activités criminelles. Derrière ces documents se dessine un réseau complexe de relations, de dons et d’influences.

Selon des informations recueillies dans le cadre d’enquêtes de lakay info, Epstein aurait versé des milliers – voire davantage – de dollars via un intermédiaire nommé UNIK Ernst. Son nom apparaît dans des échanges électroniques liés au financier américain.

Un élément central de cette relation serait l’introduction d’UNIK Ernst à Epstein par Jean-Luc Brunel, présenté comme un recruteur de jeunes femmes et proche d’Epstein. L’introduction se serait faite par courriel, UNIK étant décrit comme un « promoteur ».

Des intermédiaires… puis une communication directe

Les investigations indiquent que l’assistante d’UNIK, Marisa Thrasher, aurait planifié des rencontres avec l’assistante d’Epstein, Lesly Geoffrey. Ces échanges auraient facilité la mise en relation des deux hommes.

Conversation de Marisa Thrasher et
Lesly Geoffrey

Par la suite, selon les éléments disponibles, UNIK Ernst et Epstein n’auraient plus eu besoin d’intermédiaire pour communiquer.

La question devient alors centrale : dans quel but ?

La fondation EDEYO et les fonds post-séisme

Après le séisme, UNIK Ernst aurait utilisé sa fondation, EDEYO, pour collecter des milliers de dollars destinés à la reconstruction, à l’éducation et à l’assistance en Haïti.


Unik Ernst est le président fondateur de la fondation EDEYO

La fondation de Jeffrey Epstein – la Jeffrey Epstein VI Foundation – aurait versé des fonds importants en contribution à ces projets.

Parmi les annonces phares figurait la construction de la plus grande école primaire d’Haïti : l’École du Bel-Air, à Port-au-Prince.

Le projet, ambitieux, devait comprendre :

20 salles de classe Un espace de spectacle Un laboratoire informatique Des bureaux administratifs Une clinique médicale Des jardins potagers et fruitiers Des poulaillers Un système d’énergie solaire Un générateur de biocarburants Un système de récupération et de filtration d’eau Des toilettes à compost.

Capacité annoncée : environ 300 élèves.

Un projet vitrine, présenté comme un modèle d’autonomie énergétique et de développement durable.

Un email troublant – 22 juin 2012

Le 22 juin 2012, UNIK aurait adressé un email à Epstein et à une autre personne. Le message disait notamment :

« J’espère que cet e-mail vous trouvera bien. Je suis personnellement attristé et blessé d’avoir obtenu cette libération…

Ce n’est pas une chose responsable à faire, surtout quand j’ai fait comprendre à Jeff que le conseil d’administration a suggéré que nous n’utilisions pas ces fonds.

Doris, pourriez-vous s’il vous plaît savoir si le chèque a été encaissé et nous avons besoin que vous rétractiez cette histoire dès que possible. Merci d’avance. »

Cet échange soulève plusieurs interrogations :

Pourquoi le conseil d’administration aurait-il suggéré de ne pas utiliser ces fonds ? Quelle « histoire » devait être rétractée ? Le chèque a-t-il été encaissé ?

L’école introuvable ?

Des recherches menées sur le terrain et à travers diverses sources locales indiquent qu’une école correspondant à cette description – 20 salles, 300 élèves, infrastructure autonome – n’existerait pas à Bel-Air.

Si ces constatations s’avèrent exactes, cela poserait une question fondamentale : les fonds collectés au nom de la reconstruction d’Haïti ont-ils été utilisés comme annoncé ?

Par ailleurs, la fondation EDEYO continuerait de collecter des fonds au nom d’Haïti.

Entre philanthropie et opacité

Le cas soulève des problématiques plus larges :

Comment les fonds humanitaires post-catastrophe sont-ils contrôlés ? Quel niveau de transparence est exigé des fondations internationales ? Existe-t-il un audit public détaillé des projets financés ?

Haïti, pays martyrisé par les catastrophes naturelles et l’instabilité politique, a souvent servi de terrain d’intervention pour des acteurs internationaux aux intentions diverses — certaines sincères, d’autres plus ambiguës.

Lorsque le nom d’un homme condamné pour crimes sexuels apparaît derrière des projets humanitaires, la vigilance devient une obligation morale.

Les victimes du séisme de 2010 méritent la vérité.

Les donateurs méritent la transparence.

Et Haïti mérite mieux que des promesses.

Si l’école de Bel-Air n’existe pas, si les fonds ont été mal alloués ou si des relations troubles ont influencé des projets humanitaires, alors il ne s’agit plus seulement d’un scandale financier — mais d’une trahison envers un peuple déjà meurtri.

La reconstruction d’Haïti devait être un symbole d’espoir. Elle ne doit pas devenir un chapitre supplémentaire d’opacité et d’exploitation.

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