21 février 2026

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Enquête exclusive du Nouvelligne : Comment Marie-Kettie Jean-Louis a traversé la frontière pour acheter ses diplômes dominicains en 2014 et pourquoi le Ministère des Affaires étrangères a choisi l’omerta plutôt que la sanction.

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Une haute responsable du Ministère des Affaires Étrangères haïtien se retrouve au centre d’une polémique grandissante. Selon des informations rapportées par nos confrères du Nouvelligne, Marie-Kettie Jean-Louis, en poste à la direction des affaires politiques, aurait utilisé de faux diplômes obtenus en République Dominicaine pour accéder à ses fonctions. L’affaire, connue en interne depuis plusieurs années, refait surface et interroge sur les procédures de vérification au sein du ministère.

L’histoire commence en 2014. Cette année-là, la direction des affaires politiques du ministère décide de procéder à une révision générale des diplômes de son personnel. Des doutes planent sur le niveau de certains cadres, une pratique courante dans un contexte où les nominations discutables sont monnaie courante.

C’est dans ce cadre que Marie-Kettie Jean-Louis, déjà en poste, est invitée à fournir ses titres universitaires. Selon des témoins de l’époque cités par Le Nouvelligne, celle-ci aurait demandé un délai d’une semaine pour se conformer à cette exigence. Elle se rend alors en République Dominicaine, pays voisin, et revient avec deux diplômes de maîtrise émanant de grandes universités dominicaines.

La rapidité de l’obtention de ces parchemins a immédiatement suscité l’étonnement au sein du service. « Personne ne se souvient qu’elle ait suivi des études pendant cette période », confie un ancien collègue sous couvert d’anonymat. Les cadres présents à l’époque auraient accueilli la situation avec incrédulité.

L’affaire, bien que connue en interne, n’a pas eu de suites administratives à l’époque. L’instabilité chronique dans la gestion des effectifs et la mobilité des cadres, dont beaucoup quittent le pays, ont contribué à un certain oubli. Jean-Claude Lappé, l’actuel directeur, qui était simple cadre en 2014, ferait partie de ceux qui se souviennent précisément de cet épisode.

Un autre élément intrigue les observateurs : la discrétion systématique de Marie-Kettie Jean-Louis concernant son image. Selon des sources proches du dossier, l’intéressée aurait toujours évité de prendre des photos officielles ou de figurer sur les clichés de groupe, une attitude que certains interprètent comme la volonté de ne pas laisser de traces visuelles exploitables.

Interrogé sur ces révélations, le Ministère des Affaires Étrangères n’a pas encore officiellement réagi. Le ministre Harvel Jean-Baptiste, en poste depuis peu, n’a pas fait de déclaration publique sur ce dossier.

Cette affaire relance le débat récurrent sur la probité et les critères de nomination dans la fonction publique haïtienne. Si le cas de Marie-Kettie Jean-Louis concerne spécifiquement l’authenticité de diplômes, il s’inscrit dans un contexte plus large où l’on reproche régulièrement aux décideurs publics des nominations jugées clientélistes.

Des parlementaires n’hésiteraient pas, selon plusieurs observateurs, à faire nommer des proches sans qualification, y compris dans des postes diplomatiques stratégiques. La différence dans ce dossier réside dans l’accusation de falsification active de documents académiques.

Pour l’heure, aucune procédure officielle n’a été engagée contre Marie-Kettie Jean-Louis. L’attention se tourne désormais vers le ministre Harvel Jean-Baptiste, qui devra décider s’il donne suite ou non à ces informations. La question de la vérification des diplômes des hauts fonctionnaires reste posée, de même que celle des conséquences pour les personnes impliquées dans ce type de dossier.

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