Haïti : l’Union européenne frappe l’ancienne élite politique, Michel Martelly et deux ex-sénateurs sanctionnés pour leur soutien présumé aux gangs armés
2 min de lecture
Port-au-Prince / Bruxelles—L’Union européenne a annoncé, ce lundi, des sanctions ciblées contre trois figures politiques haïtiennes de premier plan : l’ancien président Michel Martelly ainsi que les ex-sénateurs Youri Latortue et Rony Célestin. Bruxelles les accuse d’avoir contribué à la déstabilisation d’Haïti par leur soutien présumé à des gangs armés, dans un contexte de crise sécuritaire et politique aiguë.
Dans un communiqué, le Conseil de l’Union européenne indique que Michel Martelly et Youri Latortue sont soupçonnés d’avoir armé et soutenu des groupes criminels afin de consolider leur influence économique et politique. Ces actions auraient, selon l’UE, alimenté l’insécurité chronique qui frappe le pays, notamment à Port-au-Prince et dans ses environs.
Rony Célestin est, quant à lui, visé par des accusations plus larges. L’ancien sénateur est non seulement soupçonné d’entretenir des liens avec des gangs armés, mais également d’être impliqué dans des activités de contrebande. Le communiqué européen évoque par ailleurs une possible implication de Rony Célestin dans l’assassinat du journaliste haïtien Néhémie Joseph, tué en 2019, une affaire qui avait suscité une vive émotion dans le pays.
Concrètement, ces sanctions se traduisent par le gel de tous les avoirs détenus par les trois personnalités dans l’espace Schengen. Elles sont également frappées d’une interdiction d’entrée et de transit sur le territoire de l’Union européenne. Bruxelles précise que toute personne ou entité européenne est désormais interdite de mettre des fonds ou des ressources économiques à leur disposition.
Ces mesures s’inscrivent dans le cadre du régime de sanctions de l’Union européenne visant les individus et entités responsables de violations graves des droits humains et d’actions contribuant à l’instabilité en Haïti. L’UE affirme vouloir ainsi accroître la pression internationale sur les acteurs accusés d’alimenter la violence des gangs, responsables de milliers de morts, de déplacements massifs de population et d’un effondrement des services de base.
À ce stade, aucune réaction officielle des personnes visées n’a été enregistrée. En Haïti, ces annonces relancent toutefois le débat sur l’impunité des élites politiques et économiques, souvent accusées par la société civile et les organisations de défense des droits humains d’entretenir des liens avec les groupes armés qui contrôlent une partie du territoire.