Haïti sous la menace d’une pénurie de carburant d’ici mi-mars, un impact indirect de la guerre au Moyen-Orient
Port-au-Prince, 2 mars 2026 – La crise qui s’intensifie au Moyen-Orient, et plus particulièrement les menaces autour du détroit d’Ormuz, font craindre une répercussion majeure sur l’approvisionnement énergétique mondial. Pour un pays importateur comme Haïti, déjà fragile sur le plan logistique et économique, cette évolution pourrait très rapidement se traduire par une crise de carburant d’ampleur d’ici à la mi-mars.
Des capacités de stockage très limitées face à une forte dépendance aux importations
Haïti ne produit pas de pétrole brut et dépend intégralement des importations de produits pétroliers (essence, diesel, kérosène). Le pays dispose de **trois principaux sites de stockage **:
Le terminal de Varreux, le plus important de la capitale Port-au-Prince : environ 211 000 barils de gasoline, 387 000 barils de diesel et 41 700 barils de kérosène. Le terminal de Thorland (Carrefour) : 110 743 barils de diesel, 39 200 barils de gasoline et 46 250 barils de jet. Le terminal Tristar à Martissant : 107 000 barils de diesel.
Au total, ces trois installations représentent une capacité de stockage d’environ 972 000 barils de carburants pour l’ensemble du pays.
Selon les données disponibles, la consommation quotidienne moyenne de carburants en Haïti est d’environ 9 500 barils de gasoline, 12 000 barils de diesel et 2 500 barils de kérosène. Sur la base de ces niveaux, le pays pourrait fonctionner environ 40 jours sans nouvelle livraison, en supposant une rotation régulière des stocks.
Cependant, dans la réalité, les consommations varient en fonction des livraisons reçues et des rotations logistiques, et Haïti doit régulièrement faire venir plusieurs cargos par mois pour maintenir les niveaux nécessaires à l’économie nationale.
Conflits au Moyen-Orient et impact sur les routes maritimes de l’énergie
Le détroit d’Ormuz est un passage stratégique par lequel transite une part significative du pétrole mondial. Une escalade du conflit, ou un blocus durable de cette zone, risque de perturber les flux de pétrole vers les marchés internationaux, faisant monter les prix et ralentissant les livraisons vers les pays importateurs.
Pour Haïti, qui ne dispose pas de stocks stratégiques importants au-delà de quelques semaines, toute perturbation prolongée des approvisionnements pourrait signifier des ruptures sévères dès la mi-mars, si de nouvelles cargaisons ne parviennent pas à être déchargées à quai.