14 février 2026

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La France réclame la démission de la rapporteuse de l’ONU pour les territoires palestiniens

3 min de lecture

La France demandera, le 23 février prochain, lors de la session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, la démission de la rapporteuse spéciale pour les territoires palestiniens, Francesca Albanese. L’annonce a été faite mercredi 11 février par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, à l’Assemblée nationale.

Le chef de la diplomatie française a été interpellé par des députés au sujet de déclarations tenues le week-end dernier par la fonctionnaire onusienne sur la chaîne qatarie Al Jazeera.

Des propos jugés « scandaleux » par Paris

Selon Jean-Noël Barrot, les déclarations de Francesca Albanese ne visaient pas seulement la politique du gouvernement israélien, mais Israël « en tant que peuple et en tant que nation ». « Madame Francesca Albanese n’est ni experte ni indépendante. C’est une militante politique qui agite des discours de haine », a-t-il affirmé devant les députés.

Cette position intervient après une lettre cosignée par 52 députés du camp présidentiel, appelant à des sanctions contre la rapporteuse spéciale. Les signataires lui reprochent notamment d’avoir qualifié, selon eux, « l’État juif ou les Juifs d’ennemis de l’humanité ».

La défense de Francesca Albanese

Francesca Albanese rejette fermement ces accusations. Dans un entretien accordé à France 24, elle assure n’avoir jamais tenu de tels propos. « Je n’ai jamais dit qu’Israël est l’ennemi commun de l’humanité », a-t-elle déclaré, invitant à réécouter l’intégralité de son intervention.

Intervenant en visioconférence lors d’un forum organisé à Doha par Al Jazeera, elle avait évoqué un « ennemi commun » ayant permis, selon elle, un « génocide » à Gaza. Elle dénonçait notamment le soutien politique, militaire et économique accordé à Israël par plusieurs États.

« Nous qui ne contrôlons pas de vastes capitaux financiers, ni les algorithmes, ni les armes, constatons désormais qu’en tant qu’humanité, nous avons un ennemi commun », avait-elle ajouté.

Vives réactions politiques en France

Pour Jean-Noël Barrot, ces déclarations s’inscrivent « dans une longue liste de prises de position scandaleuses ». Il accuse la rapporteuse d’avoir, par le passé, « justifié le 7-Octobre », évoqué un « lobby juif » ou encore comparé Israël au Troisième Reich — des accusations qui, selon lui, justifient la demande officielle de démission que la France compte formuler devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies.

À gauche, la décision suscite de vives critiques. La députée de La France insoumise, Mathilde Panot, juge l’argumentaire du gouvernement « pas convaincant » et dénonce une décision fondée sur « une fake news engageant la politique étrangère de la France ».

Même parmi les signataires de la lettre demandant des sanctions, des voix discordantes émergent. L’un d’eux reconnaît avoir « signé un peu vite », estimant que les propos reprochés à la rapporteuse ont pu être « détournés de leur sens initial ».

La session du 23 février au Conseil des droits de l’homme s’annonce ainsi sous haute tension diplomatique.

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