Haïti : l’ONU confirme avoir reçu la lettre de « Lanmò San Jou », mais refuse toute reconnaissance de son auteur
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Les Nations unies ont confirmé avoir reçu la correspondance de Wilson Joseph, connu sous le nom de « Lanmò San Jou », adressée au secrétaire général António Guterres pour solliciter une médiation internationale en Haïti. Toutefois, l’organisation précise que la réception de cette lettre ne signifie ni une reconnaissance de son auteur ni une approbation de son contenu. Elle réaffirme également ses exigences en matière de respect du droit international et de protection des populations civiles.
Dans une déclaration faite en réponse aux questions de journalistes sur la situation en Haïti, le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a confirmé que l’organisation avait reçu une lettre portant la signature de Wilson Joseph, présenté comme membre du groupe armé 400 Mawozo.
« La réception d’une telle lettre ne constitue pas une approbation de son contenu, une reconnaissance de son auteur ou une prise de position de la part des Nations unies », a précisé le porte-parole, établissant ainsi une distinction entre la réception administrative d’une correspondance et une éventuelle reconnaissance politique ou institutionnelle.
Dans sa lettre datée du 1er novembre 2026, Wilson Joseph avait sollicité l’envoi d’une délégation des Nations unies en Haïti afin de faciliter un processus de dialogue et de médiation entre les parties concernées. Il affirmait notamment avoir hissé le drapeau blanc depuis le 20 août 2026 et se déclarait disponible pour participer à des discussions visant à rechercher une issue pacifique à la crise.
En réaction, l’ONU a rappelé que les communautés haïtiennes continuent de subir les conséquences de la crise sécuritaire. Elle a insisté sur la nécessité de respecter le droit international, de protéger les populations civiles et de privilégier les solutions pacifiques.
Par ailleurs, le porte-parole de l’organisation s’est exprimé sur les informations faisant état du déploiement de militaires salvadoriens supplémentaires en Haïti. Selon lui, la grande majorité de ces militaires ne relève pas de la Force de répression des gangs (GSF) et se situe, par conséquent, en dehors du champ d’action et des obligations de rapport du Bureau d’appui des Nations unies.
Stéphane Dujarric a rappelé que ce bureau apporte un soutien logistique et opérationnel au personnel engagé dans le cadre de la GSF, ainsi qu’un appui lié à l’application de la politique de diligence raisonnable en matière de droits humains.
L’ONU a également réaffirmé que toutes les opérations de sécurité menées sur le territoire haïtien, qu’elles soient conduites par la GSF ou par les autorités nationales et leurs partenaires, doivent respecter pleinement le droit international applicable. Cette exigence concerne notamment le droit international des droits de l’homme et le droit international humanitaire.
L’organisation considère que le respect de ces obligations, associé à la transparence et à la responsabilité, demeure indispensable au maintien du soutien international et à la protection de la population haïtienne.
La déclaration des Nations unies ne constitue donc pas une réponse favorable à la demande de médiation formulée par Wilson Joseph. Elle confirme uniquement la réception de sa correspondance, tout en réaffirmant la position de l’organisation sur la protection des civils et le respect du droit international dans les opérations de sécurité en Haïti.

