Haïti : Alix Didier Fils-Aimé au Mexique pour un mariage, qui paie le déplacement ?
3 min de lecture
Screenshot
Le Premier ministre de facto, Alix Didier Fils-Aimé, se serait rendu au Mexique pour assister à un mariage, selon une source proche de la Primature citée par le média Métronome. Alors que le pays fait face à une grave crise sécuritaire, ce déplacement soulève une question de transparence : le voyage et les frais liés à cette activité familiale sont-ils financés par le chef du gouvernement ou par les ressources de la République ?
Selon les informations rapportées par Métronome, le jet privé utilisé par Alix Didier Fils-Aimé a quitté Port-au-Prince pour atterrir au Mexique, contrairement à une première information évoquant un déplacement vers les États-Unis. Le chef du gouvernement aurait été aperçu à l’aéroport en compagnie de membres de sa famille et d’un agent de sécurité.
D’après une source proche de la Primature citée par le média, le déplacement avait pour objectif d’assister à un mariage. À ce stade, les informations rapportées ne permettent toutefois pas d’établir qui a payé le vol, le séjour ou les éventuels frais de sécurité liés à ce voyage.
La question mérite d’être posée clairement : un Premier ministre a-t-il le droit de participer à un mariage ou à une autre activité familiale à l’étranger ? Bien entendu, l’exercice d’une fonction publique ne signifie pas qu’un responsable renonce à toute vie privée. Mais lorsqu’il s’agit d’un déplacement à l’étranger effectué par le chef du gouvernement, la question de la prise en charge des dépenses devient essentielle.
Si ce voyage était strictement privé, les citoyens sont en droit de demander si les frais personnels ont été réglés sur des fonds privés. Si des moyens de l’État ont été mobilisés, il conviendrait de préciser lesquels, pour quelles raisons et selon quelles règles. La présence éventuelle d’un agent chargé de la sécurité ne suffit pas, à elle seule, à établir une irrégularité, puisque la protection d’un haut responsable peut relever de ses obligations officielles.
Cette interrogation prend une dimension particulière dans un pays confronté à une insécurité persistante, où les attentes envers les autorités sont considérables. Le déplacement intervient également dans un contexte où le président salvadorien, Nayib Bukele, a annoncé des opérations contre les gangs armés en Haïti, selon les informations évoquées dans le reportage de Métronome.
La question centrale n’est donc pas de savoir si Alix Didier Fils-Aimé peut assister à un mariage. Elle est de déterminer si les contribuables haïtiens ont financé, directement ou indirectement, un déplacement à caractère familial. La Primature devrait pouvoir apporter des précisions sur l’objet du voyage, le financement du jet privé et la prise en charge des frais associés.
Dans un contexte de crise, la transparence sur l’utilisation des ressources publiques est une exigence légitime. Les citoyens haïtiens méritent de savoir où va l’argent de la République, notamment lorsque des dépenses liées aux déplacements de leurs dirigeants sont en jeu.

