Royaume-Uni : des centaines de détenus libérés plus tôt pour faire face à la surpopulation carcérale
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Plusieurs centaines de prisonniers ont été libérés de manière anticipée en Angleterre et au pays de Galles depuis le 1er octobre, dans le cadre d’une réforme destinée à réduire la pression sur les établissements pénitentiaires. Le dispositif prévoit plusieurs milliers de libérations échelonnées au cours des prochains mois.
La première phase du nouveau dispositif concerne environ 700 détenus. Au total, près de 5 000 personnes doivent être libérées progressivement au cours de l’année, un chiffre revu à la baisse par rapport aux 6 000 initialement envisagés après l’exclusion de plusieurs catégories d’infractions graves. Environ 2 000 détenus doivent notamment sortir dans le mois suivant le lancement du programme.
La mesure découle du Sentencing Act 2026, qui modifie les règles de libération pour certaines personnes condamnées à des peines déterminées. Pour certaines catégories de détenus, la libération peut désormais intervenir après avoir effectué environ un tiers de la peine, contre 40 % auparavant.
Des prisons proches de la saturation
Le gouvernement justifie cette réforme par la forte pression exercée sur le système pénitentiaire. Au 28 septembre, 87 499 personnes étaient détenues dans les prisons d’Angleterre et du pays de Galles, soit environ 98 % de la capacité utilisable.
Les autorités indiquent que les personnes libérées restent soumises à une libération sous licence, avec un suivi par les services de probation et, dans de nombreux cas, un dispositif de surveillance électronique. Une violation des conditions peut entraîner un retour en détention.
Plusieurs catégories de condamnés sont exclues du dispositif, notamment certaines personnes condamnées pour viol, des infractions sexuelles graves sur des enfants, certaines affaires de grooming et l’homicide involontaire (manslaughter).
Des détenus remercient le Premier ministre
À leur sortie de plusieurs établissements, certains détenus ont été interrogés par les médias britanniques. L’un d’eux a remercié le Premier ministre Andy Burnham. Un autre détenu, interrogé à Londres, a déclaré qu’il voterait travailliste s’il votait.
Ces déclarations individuelles ont été largement reprises dans les médias, mais elles ne permettent pas de tirer de conclusion générale sur les opinions politiques des personnes libérées.
La réforme suscite par ailleurs des critiques. Des responsables de la probation alertent notamment sur le manque de logements disponibles pour les personnes sortant de prison et craignent que certaines soient libérées sans solution d’hébergement stable.
Le gouvernement affirme de son côté que la réforme vise à éviter une saturation du système judiciaire et pénitentiaire, tout en renforçant la surveillance des personnes libérées. Il prévoit également la création de 14 000 places de prison supplémentaires.
À noter : le dispositif concerne l’Angleterre et le pays de Galles. L’Écosse et l’Irlande du Nord disposent de systèmes pénitentiaires distincts.

