Irak : 2 millions de barils de pétrole transportés par un VLCC à travers le détroit d’Ormuz
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Bagdad, 4 octobre 2026 — L’Irak a franchi une étape importante dans sa stratégie d’exportation pétrolière. La compagnie publique irakienne Oil Tanker Company a annoncé avoir transporté 2 millions de barils de pétrole brut à bord d’un très grand pétrolier, ou VLCC (Very Large Crude Carrier), à travers le détroit d’Ormuz. Selon son directeur général, il s’agit de la première opération de cette nature réalisée par la compagnie depuis plusieurs décennies.
Cette opération intervient alors que le détroit d’Ormuz reste fortement perturbé par le conflit entre l’Iran et les États-Unis. Les exportations irakiennes ont été particulièrement affectées depuis le début des hostilités, tandis que les conditions de navigation dans cette voie maritime stratégique demeurent difficiles.
Une plus grande marge de manœuvre pour SOMO
Jusqu’à présent, une partie importante du brut irakien était livrée au terminal de Bassorah, dans le sud du pays. Le fait de transporter désormais le pétrole au-delà du détroit donne davantage de latitude à la State Organization for Marketing of Oil (SOMO) pour déterminer où et comment vendre les cargaisons.
Le directeur général de l’Irak Oil Tanker Company, Ali Qais Abdul Jabbar, estime que cette évolution pourrait permettre à SOMO de profiter de meilleures opportunités commerciales et d’obtenir des conditions de prix plus favorables.
Bagdad veut développer sa propre flotte
L’Irak cherche également à réduire sa dépendance à l’égard des compagnies maritimes étrangères. La compagnie publique de transport pétrolier travaille à l’acquisition de pétroliers spécialisés afin d’augmenter progressivement sa propre flotte.
L’objectif affiché est de renforcer les capacités de transport de l’Irak et de permettre à sa compagnie nationale de mieux rivaliser avec les opérateurs maritimes de la région.
Cette stratégie intervient après plusieurs mois de perturbations. Reuters rapportait en septembre que les pétroliers irakiens avaient auparavant dû obtenir l’autorisation iranienne pour traverser le détroit d’Ormuz, alors que le passage était fortement restreint dans le contexte du conflit.
Le pétrole continue de circuler malgré les perturbations
Le cas irakien illustre les efforts déployés par les pays producteurs du Golfe pour maintenir leurs exportations malgré les difficultés autour d’Ormuz.
Les données de Kpler citées par Reuters montrent que les exportations de brut du Moyen-Orient ont fortement rebondi en septembre, même si elles restaient inférieures aux niveaux observés avant le début du conflit.
Pour Bagdad, le développement d’une flotte nationale et le transport des cargaisons au-delà du détroit constituent donc à la fois une réponse aux perturbations actuelles et une tentative de donner davantage de flexibilité à ses exportations pétrolières.
Le passage de 2 millions de barils à bord d’un VLCC marque ainsi une étape dans cette stratégie, alors que l’Irak cherche à sécuriser ses débouchés et à réduire sa vulnérabilité aux perturbations du détroit d’Ormuz.

