Haïti – crise politique : rencontre annoncée entre le CPT et des proches de Louis Gérald Gilles, rejet ferme des partis majeurs de l’accord du 21 décembre
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Port-au-Prince — Le Conseil présidentiel de transition (CPT) poursuit ses tentatives de dialogue dans un climat politique toujours marqué par de profondes divisions. Ce lundi, une délégation de proches du conseiller présidentiel Louis Gérald Gilles, issu de l’accord politique du 21 décembre, est attendue pour une rencontre avec le CPT.
Selon des sources proches du dossier, la délégation sera notamment composée de Serge Gaspard, Sego Mayi Moulen, Prince Pierre Sonson de NOULHA — le parti politique de Louis Gérald Gilles — ainsi que de Domingue Orgella, entre autres. Cette rencontre s’inscrit dans une démarche de concertation autour de la transition politique et du processus électoral.
Mais cette initiative ne fait pas l’unanimité au sein des signataires de l’accord du 21 décembre. Les principales formations politiques signataires, le SDP, la FUSION, INITE et INIFOS , ont d’ores et déjà refusé de rencontrer le CPT. Ces partis ont officiellement transmis une correspondance au Conseil présidentiel pour lui notifier leur décision.
Pour l’avocat et dirigeant politique André Michel, porte-parole du secteur politique de l’accord du 21 décembre, le CPT n’a plus la légitimité nécessaire pour convoquer les forces politiques. « Le CPT peut être sur la table dans le cadre de discussions convoquées par des facilitateurs, mais il ne peut pas, après avoir totalement échoué, appeler les acteurs politiques à quelques jours de la fin de son mandat », a-t-il déclaré.
Lors d’une conférence de presse organisée samedi devant plusieurs centaines de militants et de sympathisants, André Michel a rappelé que le mandat du Conseil présidentiel de transition prendra fin le 7 février 2026, excluant toute possibilité de prolongation. Il a par ailleurs indiqué que AVOKAPEPLA plaide en faveur d’un accord politique inclusif, jugé indispensable pour sauver le processus électoral et éviter une nouvelle impasse institutionnelle.
Dans un contexte sécuritaire et politique toujours fragile, ces divergences illustrent les difficultés persistantes à dégager un consensus autour de la gouvernance de la transition en Haïti.