Manifestations en Iran : à Los Angeles, l’inquiétude et la colère de la diaspora iranienne
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À des milliers de kilomètres de Téhéran, la colère gronde aussi. À Los Angeles, surnommée « Téhérangeles » en raison de l’importance de sa communauté iranienne, la diaspora suit avec angoisse la répression en cours en Iran. Un mois après le début des manifestations contre le coût de la vie, certaines sources évoquent un bilan humain pouvant atteindre 40 000 morts, bien au-delà des chiffres officiels communiqués par les autorités iraniennes.
Dans les rues de la métropole californienne, des rassemblements de soutien se multiplient. Pancartes, drapeaux iraniens d’avant la révolution islamique et slogans hostiles au régime des mollahs témoignent d’une mobilisation nourrie par la peur pour les proches restés au pays, mais aussi par une colère de plus en plus assumée.
Chaque jour, de 11 heures à 13 heures, Tannaz Fathi coprésente « Rangin Kaman » (« Arc-en-ciel »), un talk-show en farsi diffusé sur KIRN Radio. À l’antenne, le ton reste calme, presque apaisant. Hors micro, l’émotion est palpable lorsqu’elle fait défiler sur son téléphone des vidéos de manifestants tués en Iran, qu’elle reçoit presque quotidiennement.
« Le mouvement n’est plus aussi actif aujourd’hui. Les Iraniens espèrent que d’autres pays les aideront », confie-t-elle, la voix serrée. Elle interpelle aussi directement les dirigeants occidentaux : « Nous n’avons pas d’armes, nous n’avons rien. Les gouvernants ne doivent pas serrer la main des mollahs. Ce sont des tueurs. »
« Téhérangeles », cœur de la diaspora
La radio s’adresse aux quelque 500 000 Irano-Américains du sud de la Californie, la plus importante communauté iranienne en dehors d’Iran. Un poids démographique et politique qui fait de Los Angeles un centre névralgique de l’opposition en exil.
Pour Alireza Hekmatshoar, directeur des programmes de la station, l’heure est déjà aux projections sur l’avenir. À Los Angeles, explique-t-il, les soutiens au prince Reza Pahlavi sont particulièrement visibles. « Le soutien grandit chaque jour. Beaucoup pensent qu’il est celui qui peut sécuriser l’Iran et sauver le peuple. Mais, en réalité, personne ne sait ce qui se passera », reconnaît-il.
Cette mobilisation de la diaspora intervient dans un contexte international tendu. Aux États-Unis, l’arrivée récente du porte-avions USS Abraham Lincoln dans la région alimente les discussions et les spéculations au sein de la communauté iranienne de Californie. Cette semaine, la station a d’ailleurs invité plusieurs experts militaires pour analyser les risques d’escalade.
Entre inquiétude, espoir d’un soutien international et divisions sur l’avenir politique de l’Iran, « Téhérangeles » apparaît plus que jamais comme un miroir des fractures et des aspirations d’un peuple en exil, suspendu aux événements qui secouent son pays d’origine.