1 février 2026

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Syrie : les Kurdes du Rojava et le gouvernement d’al-Charaa annoncent un accord historique

3 min de lecture

Un accord qualifié d’« historique » a été annoncé vendredi entre les autorités kurdes du Rojava et le gouvernement syrien. Fruit de plusieurs semaines de négociations difficiles et de tensions persistantes sur le terrain, le texte ouvre la voie à l’intégration des forces armées et de l’administration kurdes au sein de l’État de Damas. Il laisse toutefois en suspens plusieurs garanties jugées essentielles par les Kurdes pour sa mise en œuvre.

Un cessez-le-feu permanent et une intégration encadrée

L’accord prévoit l’instauration d’un cessez-le-feu permanent entre Damas et les Forces démocratiques syriennes (FDS). Les unités engagées sur les lignes de front, notamment autour de Hassaké et de Kobané, devront se retirer afin d’éviter tout accrochage.

Point central pour les Kurdes : leurs forces ne seront pas dissoutes. Elles conserveront une identité propre au sein de l’armée syrienne, structurées en plusieurs divisions basées à Hassaké et une brigade déployée à Kobané, placée sous l’autorité du gouvernorat d’Alep. La sécurité intérieure restera, dans un premier temps, assurée par la police kurde, les Assayishs, appelés à être progressivement intégrés au ministère syrien de l’Intérieur.

L’administration autonome — fonctionnaires, enseignants, services civils — doit également être incorporée aux structures étatiques, sous l’autorité d’un gouverneur nommé par Damas.

La fin du projet autonomiste kurde

S’il est appliqué, l’accord acte la fin du projet d’autonomie politique porté depuis plus d’une décennie par les Kurdes du Rojava, dans le nord-est de la Syrie. Il entérine toutefois certaines revendications anciennes, notamment une liberté de gestion locale.

La méfiance demeure forte parmi les combattants kurdes à l’égard du président Ahmed al-Charaa, ancien chef jihadiste, dont les forces ont affronté les FDS lors du conflit. D’autant qu’un précédent accord, conclu en mars 2024 sur l’intégration institutionnelle, n’avait jamais été appliqué.

Violations et tensions persistantes

Sur le terrain, le cessez-le-feu a déjà été mis à l’épreuve. Des combats ont été signalés ces derniers jours dans la région de Djézireh, tandis que les forces gouvernementales ont renforcé leur pression autour de Kobané. Plus à l’est, des affrontements ont également éclaté près des axes stratégiques menant au Kurdistan irakien, par lesquels transite l’aide humanitaire.

Le poste frontière de Semalka, point névralgique entre le nord-est syrien et le Kurdistan irakien, devrait rester ouvert mais passer sous contrôle de Damas, selon les termes de l’accord.

Soutien international et exigences kurdes

Les négociations ont bénéficié d’un soutien actif de Paris et de Washington. Les États-Unis, longtemps alliés des forces kurdes contre le groupe État islamique, ont salué une « étape historique » vers l’unification du pays. La France, par la voix du président Emmanuel Macron, a également félicité les deux parties et promis d’appuyer la mise en œuvre de l’accord.

Les Kurdes réclament toutefois des garanties supplémentaires. Ils souhaitent notamment que la protection de leur identité soit inscrite dans la future Constitution syrienne, incluant l’enseignement en langue kurde et la reconnaissance de leurs symboles. Autre dossier sensible : le retour des déplacés, en particulier les familles originaires d’Afrin, chassées lors des opérations militaires menées par la Turquie.

« Nous appelons notre peuple à rester vigilant », a déclaré une responsable kurde, soulignant que la réussite de cet accord dépendra avant tout de son respect sur le terrain et des garanties politiques qui l’accompagneront.

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