Trois mois après le Pacte national, André Michel affirme que le PM Fils-Aimé ne fera pas les élections
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L’opposant politique André Michel durcit une nouvelle fois le ton contre le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Dans une déclaration particulièrement virulente publiée sur les réseaux sociaux, Me André Michel accuse le chef du gouvernement d’avoir volontairement introduit la question des changements constitutionnels dans le Pacte national afin de retarder les élections prévues en 2026.
Pour l’avocat et ancien leader du Secteur démocratique et populaire, trois mois après la signature du Pacte national, aucun mécanisme concret n’aurait été mis en place pour engager le processus de réforme constitutionnelle annoncé par les autorités.
« Trois mois après la signature du Pacte National, le PM Fils Aimé n’a pris aucune disposition pour identifier les changements à apporter à la Constitution », affirme André Michel.
L’opposant va encore plus loin en dénonçant ce qu’il présente comme une stratégie politique délibérée visant à bloquer le processus électoral.
« À la vérité, le PM Fils-Aimé n’était pas sincère dans la démarche », écrit-il, accusant le chef du gouvernement d’avoir « introduit malicieusement les changements constitutionnels dans le Pacte National juste pour compliquer davantage le processus ».
Selon André Michel, cette initiative aurait surtout pour objectif de « brouiller les cartes » et d’ajouter « de la confusion à la confusion » afin d’empêcher la tenue des élections en 2026.
Cette sortie illustre l’aggravation des tensions politiques autour de la transition haïtienne, alors que les doutes se multiplient sur la capacité réelle des autorités à organiser des élections crédibles dans les délais annoncés.
Depuis plusieurs semaines, de nombreuses voix politiques et organisations de la société civile dénoncent déjà l’absence de calendrier électoral réaliste, l’insécurité généralisée ainsi que les incertitudes juridiques liées à la gouvernance de transition.
Mais André Michel accuse désormais directement le Premier ministre d’avoir « sciemment piégé le processus électoral ».
« Nous le redisons au peuple haïtien et à la communauté internationale : le PM Fils-Aimé ne fera pas les élections en 2026 », martèle-t-il.
La déclaration intervient également dans un contexte de forte polémique autour de possibles négociations locales avec certains groupes armés dans des zones sous tension comme Gressier. Fidèle à sa ligne dure, André Michel a de nouveau réaffirmé son rejet total de tout dialogue avec les gangs.
« Pa gen dyalòg ak gang kriminèl », conclut-il.
Cette offensive politique survient à quelques semaines de l’échéance sensible du 7 juin 2026, date que plusieurs acteurs politiques considèrent désormais comme un tournant majeur pour la légitimité du pouvoir de transition.