10 janvier 2026

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HAÏTI 2026 : L’HORREUR DU VIDE

3 min de lecture

2026 que j’appelle « l’année du possible », marquera le cinquième anniversaire de l’assassinat du Président Jovenel Moïse. La République ne compte plus d’élus dans aucun pallier des Pouvoirs d’État. Dans vingt jours ouvrables, le rideau tombera sur le Conseil Présidentiel de Transition au terme d’une douloureuse et catastrophique expérience. Haïti aura gaspillé vingt-deux longs mois et le trésor public a fait les frais d’une gestion les plus onéreuses de l’histoire. Malgré tout, mon sens élevé de l’État et mon profond respect de l’institution présidentielle m’imposent une retenue protocolaire à l’endroit des membres du CPT qui rendent le tablier ; ils ont servi la République et l’histoire les jugera. Bon vent, Madame et Messieurs les CP !

Quarante ans depuis l’effondrement du régime duvalérien le 7 février 1986 et quatre-vingts ans après les « cinq glorieuses », la révolte du 7 au 11 janvier 1946 contre un pouvoir ségrégationniste, les conditions abiotiques de la population n’ont pas changé et la situation globale du pays s’est dégradée. Dans les deux cas, la révolution n’a pas eu lieu. Des aventuriers politiques de droite et de gauche ont toujours dévié les luttes démocratiques populaires.


Aujourd’hui, le miasme politique, économique et sécuritaire laissé par le CPT met davantage en péril l’existence même de la République.


Certains groupes terroristes et certains dirigeants de l’establishment étatico-privé deviennent des alliés objectifs, profitant de l’instabilité permanente et s’enrichissant d’une économie criminelle alimentée par la drogue, la vente d’organes, la traite humaine, la contrebande et le financement international occulte d’organisations révisionnistes et d’intégristes radicaux. Dans l’état actuel de la situation léguée par le CPT, Haïti risque trois catastrophes majeures :

  1. La prise du pouvoir des bandes armées par procuration à travers les urnes.
  2. ⁠Le renouvellement du CPT au pouvoir avec des candidats officiels à tous les niveaux : des collectivités territoriales jusqu’aux présidentielles.
  3. ⁠La mise du pays sous Protectorat International pour menace de la sécurité régionale et des intérêts directs des voisins occidentaux.

Face à ce spectre grimaçant et considérant le volume de propositions émanant de différents secteurs, je réitère ces recommandations déjà faites par le pôle politique Consortium Patriotique :

  1. Organiser une Conférence Politique avec les Pôles organisées pour remplacer le CPT.
  2. ⁠Négocier avec les partenaires internationaux l’accélération de la mise en œuvre des engagements pris pour le renforcement des forces nationales de sécurité et le déploiement de la FRG.
  3. ⁠Élaborer une feuille de route réaliste de la transition pour arriver aux élections.

En attendant, au départ des membres du CPT le 7 février 2026, au nom de la continuité de l’État, à travers le Conseil des Ministres, le gouvernement démissionnaire assurera la liquidation des affaires courantes.

Vu l’urgence, j’appelle tous les acteurs haïtiens au pragmatisme politique et à s’élever avec patriotisme à la hauteur des défis de l’heure.
Salus populi suprema lex esto !

Dr. Emmanuel Ménard
9 Janvier 2026

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