Haïti : les États-Unis mettent en garde le CPT contre toute tentative de changement de gouvernement
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Washington hausse le ton à l’égard du Conseil présidentiel de transition (CPT). Les autorités américaines préviennent que toute tentative de modification de la composition du gouvernement haïtien à ce stade du processus de transition serait considérée comme une action déstabilisatrice et pourrait entraîner des mesures ciblées.
Selon des sources diplomatiques américaines, l’objectif des États-Unis pour Haïti demeure l’instauration d’un niveau minimal de sécurité et de stabilité dans un pays confronté à une crise politique, sécuritaire et humanitaire profonde. Dans ce contexte, toute tentative de changement de gouvernement initiée par le Conseil présidentiel de transition, une instance non élue, est jugée inacceptable par Washington.
Les États-Unis estiment qu’à ce stade avancé du mandat du CPT, une telle démarche serait perçue comme une manœuvre visant à saper les efforts en cours pour rétablir l’ordre et favoriser un retour progressif à la stabilité. Les autorités américaines considèrent par conséquent que toute initiative de ce type serait « nulle et non avenue ».
Washington va plus loin en avertissant que toute personne soutenant une initiative jugée déstabilisatrice, susceptible de renforcer l’influence des gangs armés qui contrôlent une large partie du territoire haïtien, agirait à l’encontre des intérêts des États-Unis, de la région et du peuple haïtien.
Les autorités américaines se réservent ainsi le droit de prendre « les mesures qui s’imposent » à l’encontre des individus impliqués, sans en préciser la nature. Cette déclaration laisse toutefois entrevoir la possibilité de sanctions diplomatiques ou économiques ciblées.
Cette mise en garde intervient alors qu’Haïti traverse une phase critique de sa transition politique, marquée par une insécurité persistante, des divisions internes au sein du CPT et une pression accrue de la communauté internationale pour un retour rapide à la stabilité institutionnelle.
Cette déclaration américaine ravive avec force la question de la souveraineté haïtienne et du droit des Haïtiens à décider eux-mêmes de leur avenir politique. Pour de nombreux acteurs de la société civile, Haïti appartient avant tout à son peuple, seul détenteur légitime du pouvoir politique. Ils dénoncent une influence étrangère jugée excessive, estimant que les avertissements de Washington s’apparentent à une forme de tutelle politique, dans un pays déjà fragilisé par l’absence d’institutions élues et par une longue histoire d’ingérences internationales.
Ces critiques soulignent que si la communauté internationale affirme agir au nom de la stabilité et de la sécurité, cette posture nourrit également un sentiment de dépossession démocratique chez une partie de la population, qui voit dans ces prises de position une remise en cause de l’autonomie décisionnelle d’Haïti et de sa capacité à définir souverainement les contours de sa transition politique.