Haïti : Marjory Michel saisit l’OPC et accuse Rudy Thomas Sanon de cyber-violence, d’incitation à la haine et au lynchage
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Haïti, une affaire de cyber-violence suscite de vives préoccupations autour de la protection des droits humains dans l’espace numérique. Dans une lettre ouverte adressée à l’Office de la Protection du Citoyen, une professionnelle dénonce des attaques répétées à caractère sexiste, misogyne et homophobe, attribuées notamment au vidéaste et influenceur Rudy Thomas Sanon.
Dans ce document rendu public le 16 mars 2026, la plaignante affirme être la cible, depuis près de cinq ans, d’injures graves et publiques, ainsi que de propos incitant à la haine, au lynchage et à la violence. Elle évoque une forme de cyber-violence « systémique », visant en particulier des femmes engagées dans la vie publique haïtienne.
Selon elle, ces attaques ne sont pas isolées. D’autres figures féminines, dont d’anciennes sénatrices, des journalistes, des responsables administratives et des créatrices de contenu, seraient également visées par des contenus diffusés sur plusieurs plateformes numériques, notamment Facebook, YouTube et TikTok.
Au cœur des accusations figure la plateforme « Se Sa Nou Vle », présentée comme un espace d’expression politique, mais que la plaignante accuse de relayer des propos « misogynes, homophobes et diffamatoires ». Elle estime que ces contenus dépassent largement le cadre du débat démocratique et relèvent plutôt de pratiques pouvant constituer des infractions pénales.
Dans sa lettre adressée à Office de la Protection du Citoyen, elle appelle les autorités à intervenir afin de garantir la protection des droits fondamentaux, notamment la dignité humaine, le respect de la vie privée et la sécurité des personnes dans l’espace numérique.
Elle souligne que ces agissements seraient contraires à la Constitution haïtienne ainsi qu’aux engagements internationaux du pays en matière de droits humains, en particulier ceux liés à la lutte contre les discriminations et les violences basées sur le genre.
L’affaire pose plus largement la question de la régulation des contenus en ligne en Haïti, dans un contexte où les réseaux sociaux occupent une place croissante dans le débat public. Elle met également en lumière les défis auxquels sont confrontées les institutions pour répondre à la montée des discours haineux et des campagnes de harcèlement ciblé.
À ce stade, aucune réaction officielle de la part des autorités concernées n’a été rendue publique. De son côté, Rudy Thomas Sanon n’a pas, pour l’instant, répondu publiquement à ces accusations.
Cette situation relance le débat sur les limites de la liberté d’expression et la nécessité d’encadrer les dérives numériques, dans un pays déjà confronté à de multiples crises sécuritaires et institutionnelles.
Alors que les appels à une intervention se multiplient, cette affaire pourrait constituer un test important pour les institutions haïtiennes, appelées à démontrer leur capacité à protéger les citoyens face aux violences en ligne.