André François Giroux dénonce l’« immunité absolue » accordée aux politiques : « Le décret sur la Haute Cour de justice ne peut pas survivre longtemps »
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Port-au-Prince, 20 août 2026 — L’ambassadeur du Canada en Haïti, André François Giroux, pointe une contradiction majeure dans la lutte contre la corruption en Haïti. Lors d’une interview accordée au Nouvelliste à l’occasion de la fin de sa mission, le diplomate canadien a critiqué le décret relatif à la Haute Cour de justice, adopté fin 2025 sous le Conseil présidentiel de transition (CPT) et le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé.
Selon Giroux, la mise en place de pôles judiciaires spécialisés dans la lutte contre la corruption apparaît difficilement compatible avec un dispositif juridique qui, selon son interprétation, accorderait une « immunité absolue à tous les politiques ». Le diplomate estime qu’une telle situation crée une contradiction fondamentale entre le discours de lutte contre l’impunité et les mécanismes juridiques censés encadrer la responsabilité des responsables publics.
« Le décret sur la Haute Cour de justice (…) ne peut pas survivre longtemps », a notamment soutenu André François Giroux, selon Le Nouvelliste.
Pour le diplomate canadien, la lutte contre la corruption ne peut être crédible si les responsables politiques bénéficient d’une protection susceptible de les soustraire durablement aux mécanismes judiciaires.
Cette prise de position intervient alors que les autorités haïtiennes affichent leur volonté de renforcer l’État de droit et de moderniser le système judiciaire. Le gouvernement a notamment annoncé des mesures destinées à renforcer la justice et à lutter contre l’impunité.
Le débat soulevé par l’ambassadeur porte donc sur une question essentielle : comment construire des institutions judiciaires efficaces contre la corruption tout en maintenant des mécanismes d’immunité jugés excessifs pour les responsables politiques ?
Les propos d’André François Giroux interviennent également dans le cadre de son départ après sa mission diplomatique en Haïti. Durant son mandat, le Canada a régulièrement placé la gouvernance, la sécurité, la justice et la lutte contre la corruption au cœur de ses préoccupations concernant la crise haïtienne.
Le diplomate estime que la crédibilité des institutions dépend de leur capacité à appliquer les mêmes principes de responsabilité à l’ensemble des acteurs publics.
Cette déclaration relance ainsi le débat sur la responsabilité pénale des dirigeants politiques, l’indépendance de la justice et la capacité des institutions haïtiennes à combattre effectivement la corruption.
En qualifiant le décret de problématique et en estimant qu’il ne pourrait pas « survivre longtemps », André François Giroux adresse un message particulièrement ferme aux autorités haïtiennes.
La question dépasse désormais le seul fonctionnement de la Haute Cour de justice : elle touche à la cohérence globale de la politique de lutte contre la corruption et à la capacité de l’État à restaurer la confiance dans ses institutions.

