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27 juillet 2026

Après les promesses de Raina Forbin, la Colombie fermera son ambassade en Haïti : un camouflet pour la diplomatie haïtienne

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Alors que la cheffe de la diplomatie haïtienne vantait un renforcement de la coopération bilatérale avec Bogotá, le président élu colombien vient d’annoncer la fermeture prochaine de l’ambassade de Colombie à Port-au-Prince. Un camouflet qui réduira à néant les efforts affichés de la ministre Raina Forbin.

Les 20 et 21 mars 2026, en marge du dixième Sommet de la CELAC à Bogotá, la ministre haïtienne des Affaires étrangères et des Cultes, Raina Forbin, rencontrait solennellement son homologue colombienne, Yolanda Villavicencio Mapy.

Les deux chancelières avaient alors affiché une belle unité de façade. Au programme : renforcement de la coopération bilatérale, nouvel appui colombien au secteur agricole haïtien, et signature d’une déclaration conjointe instituant une Commission mixte d’intégration et de coopération frontalière. Les discussions avaient également porté sur la commémoration des 210 ans de l’arrivée de Simón Bolívar en Haïti. La ministre Villavicencio Mapy avait même fait une « nouvelle offre d’appui au secteur agricole » que Mme Forbin devait soumettre à son gouvernement.

Mme Forbin était rentrée à Port-au-Prince avec, en poche, ce qui ressemblait à un succès diplomatique.

Le camouflet est brutal. À quelques jours de son investiture prévue le 7 août, le président élu colombien Abelardo De La Espriella – soutenu par Donald Trump – a annoncé une profonde restructuration du réseau diplomatique colombien. Parmi les quatorze ambassades qui seront fermées, figure Haïti.

La liste est impitoyable : Algérie, Azerbaïdjan, Barbade, Cuba, République tchèque, Éthiopie, Ghana, Haïti, Hongrie, Malaisie, Nicaragua, Roumanie, Sénégal et Afrique du Sud. Le président élu justifie cette réforme par des « impératifs budgétaires » et la nécessité d’une diplomatie « moderne, efficace et au service des intérêts nationaux ».

L’humiliation est d’autant plus grande que l’ambassade de Colombie à Port-au-Prince avait été ouverte il y a seulement quelques mois. Sa fermeture imminente – qui interviendra dès l’investiture du nouveau président – est un symbole cinglant : la Colombie, loin de renforcer sa présence en Haïti, choisit de l’évacuer.

Pire encore, Haïti sera désormais associée, dans cette réforme, à des pays qualifiés de « tyrannies » par le futur président, qui a affirmé qu’« il n’y aura aucun lien avec les tyrannies » dans son gouvernement. Si seules Cuba et le Nicaragua feront l’objet d’une rupture diplomatique formelle, le fait de placer Haïti dans le même lot que ces États ostracisés constitue une humiliation supplémentaire pour la diplomatie haïtienne.

Cette volte-face colombienne s’ajoute à un bilan déjà lourd pour la ministre. Ses détracteurs décrivent un « échec majeur pour la diplomatie haïtienne », évoquant un « fiasco » et une « humiliation pour la diplomatie haïtienne ». Ses interventions au Conseil de sécurité de l’ONU ont été qualifiées d’« irresponsables », et certains mouvements réclament déjà sa démission.

La rencontre de Bogotá, présentée comme un succès, apparaît aujourd’hui comme une illusion. Les « résultats concrets » promis se réduiront à une fermeture d’ambassade. La « Commission mixte d’intégration et de coopération frontalière » signée en grande pompe n’aura probablement jamais le temps de siéger.

Au-delà de ce revers diplomatique, c’est la légitimité même de Raina Forbin à occuper ce poste qui est de plus en plus contestée. Nombreux sont ceux qui rappellent que la ministre est avant tout une chef d’entreprise, à la tête d’une agence de location de voitures Hertz à Port-au-Prince. Des voix s’élèvent pour estimer qu’elle ferait bien mieux de retourner dans ses bureaux pour y vérifier, une à une, les factures de location qu’elle aurait, selon des accusations récurrentes, généreusement accordées à des amis influents au sein du gouvernement.

Cette grande dépensière, dont les voyages diplomatiques à répétition grèvent un budget déjà exsangue, n’a, aux yeux de nombreux observateurs et de la rue haïtienne, ni la carrure ni la probité nécessaires pour diriger la diplomatie d’un pays en crise. Pendant que la Colombie s’apprête à fermer sa porte, elle continue de parcourir le monde en première classe, laissant à Port-au-Prince une gestion opaque et des questions sans réponse.

La diplomatie haïtienne, sous la direction de Raina Forbin, accumule les revers. Après avoir échoué à obtenir le maintien du TPS auprès de l’administration Trump, voilà que la ministre voit s’effondrer en quelques mois les acquis de sa rencontre avec la Colombie.

Le président élu De La Espriella n’a pas attendu son investiture pour signifier à Haïti qu’elle ne fera plus partie des priorités diplomatiques de Bogotá. Ce désaveu retentissant porte un coup fatal à la crédibilité de Raina Forbin et interroge sur la capacité du gouvernement haïtien à conduire une politique étrangère cohérente et efficace.

Quand la Colombie fermera son ambassade à Port-au-Prince, ce sera bien la ministre haïtienne qui essuiera un échec diplomatique retentissant.

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