La justice fédérale de Miami oblige l’État à organiser une libération sous caution pour Dimitri Vorbe d’ici le 24 août
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Le juge de district Darrin Gayles a estimé que la détention préventive sans possibilité de caution était illégale dans le cas de Dimitri Vorbe, pourtant ciblé par le secrétaire d’État Marco Rubio en vertu d’une mesure de politique étrangère. Le gouvernement dispose jusqu’au 24 août pour organiser une audience devant le tribunal de l’immigration.
Un juge fédéral de Miami a statué en faveur d’une audience de caution pour Dimitri Vorbe, un éminent homme d’affaires haïtien détenu depuis près d’un an par les services de l’immigration et des douanes (ICE). Bien que le juge n’ait pas ordonné sa libération immédiate, il a estimé que les motifs invoqués par le secrétaire d’État Marco Rubio ne justifiaient pas une détention obligatoire.
Dans une ordonnance rendue ce lundi, le juge Darrin Gayles a rejeté l’argument de l’administration Trump selon lequel Vorbe pouvait être maintenu en détention sans caution en raison d’une disposition de politique étrangère. « La loi fédérale précise quels immigrants sont soumis à la détention obligatoire, et les catégories comme celles de Vorbe n’en font pas partie », a souligné le magistrat. Il a ajouté que le Congrès avait délibérément exclu cette catégorie et que le règlement de l’immigration invoqué par le ministère de la Sécurité intérieure dépassait son autorité.
Le juge Gayles a ordonné aux autorités compétentes de fournir à Vorbe une audience de caution individualisée d’ici le 24 août, à défaut de quoi il devrait être libéré sous réserve de conditions de surveillance raisonnables. Un rapport d’étape devra être soumis au tribunal fédéral au plus tard le 31 août.
Dimitri Vorbe, 52 ans, a été arrêté à son domicile de Miami le 23 septembre 2025. Le secrétaire d’État Marco Rubio avait alors signé un mémorandum l’accusant de s’être « engagé dans une campagne de violence et de soutien aux gangs ayant contribué à la déstabilisation d’Haïti », une affirmation jugée nuisible à la politique étrangère américaine. Fait notable, ce mémorandum ne fournissait aucune preuve à l’appui de ces allégations.
Ancien confident du défunt président haïtien René Préval, Vorbe dirigeait l’un des plus grands services publics d’électricité d’Haïti avant de s’opposer au président Jovenel Moïse. Cette opposition l’a conduit à être poursuivi pour corruption et crimes financiers — des accusations qu’il a toujours niées et qui ont ensuite été classées sans suite en Haïti. Arrivé aux États-Unis début 2020 avec un visa valide, il avait obtenu le statut de protection temporaire (TPS) avant d’être interpellé par l’ICE, qui l’a ensuite de nouveau arrêté une deuxième fois, alors qu’il était pourtant déjà dans le système judiciaire de l’immigration.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de durcissement des politiques migratoires de l’administration Trump. Le nombre record de requêtes d’habeas corpus (contestation de la détention devant un tribunal fédéral) déposées par les migrants a créé un arriéré massif dans le sud de la Floride, bien supérieur aux dizaines de cas annuels habituels sous les présidences précédentes.
Le cas de Vorbe est l’un des exemples les plus visibles de l’utilisation par Marco Rubio de cette autorité de politique étrangère, invoquée dans seulement une poignée de dossiers. Un autre cas similaire, celui de Mahmoud Khalil — un étudiant de l’Université Columbia et militant pro-palestinien — a fait l’objet d’un même ordre d’expulsion, bien que son renvoi ait été suspendu pendant son appel devant la Cour suprême. Entre-temps, Khalil a été libéré de détention. Dans le cas de Vorbe, aucun juge de l’immigration n’a à ce jour ordonné son renvoi des États-Unis.
source: Miami Herald

