Haïti : le RHJAC met en doute la capacité du gouvernement à organiser des élections crédibles
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Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHJAC) met en doute la capacité du gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé à organiser des élections crédibles dans les zones contrôlées par les groupes armés. Dans une note de presse publiée le 18 août, l’organisation estime que la tenue du baccalauréat dans plusieurs communes sous contrôle des gangs illustre les difficultés auxquelles l’État reste confronté.
Le RHJAC affirme que, malgré les accords qui auraient été conclus avec certains chefs de gangs pour permettre l’organisation des examens du baccalauréat dans plusieurs communes, notamment à Carrefour, la situation sécuritaire demeure incompatible avec la tenue d’élections dans des conditions normales.
Pour le réseau de journalistes, l’organisation des prochains scrutins nécessitera la présence effective des forces de sécurité dans les zones concernées.
Le RHJAC estime qu’il serait difficile d’organiser des élections crédibles sans garantir la sécurité des électeurs, des candidats, des agents électoraux et du matériel électoral. L’organisation considère ainsi que la capacité de l’État à reprendre le contrôle des territoires constitue l’un des principaux enjeux du processus électoral.
Dans sa note, le RHJAC dénonce également ce qu’il présente comme des « décaissements » destinés à financer certains chefs de groupes armés. L’organisation s’interroge sur l’utilisation des ressources publiques alors que des difficultés persistent dans la préparation du processus électoral.
Le réseau estime par ailleurs que le nombre limité d’électeurs inscrits et les difficultés rencontrées dans plusieurs départements pourraient compliquer davantage l’organisation des scrutins.
Le RHJAC appelle Alix Didier Fils-Aimé à prendre des mesures pour créer les conditions nécessaires à l’organisation d’élections crédibles. L’organisation critique également la multiplication des missions confiées à des personnalités étrangères, ainsi que les contrats qualifiés de « frauduleux ».
Dans sa note, le réseau reproche au Premier ministre d’avoir, selon lui, « neutralisé » certains chefs de gang après leur arrivée au pouvoir en novembre 2024. Il lui demande de privilégier désormais le renforcement de la sécurité et le dialogue national.
Le RHJAC estime enfin que la création d’un cadre national de dialogue pourrait contribuer à établir les conditions nécessaires à des élections crédibles et à sortir le pays de la crise politique et sécuritaire.
Djovany Michel, secrétaire général du RHJAC, appelle ainsi le gouvernement à clarifier sa stratégie et à garantir la sécurité avant toute échéance électorale.

