Chine : exécution de 11 membres de gangs impliqués dans des centres d’arnaques en Birmanie
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La Chine a exécuté jeudi onze personnes liées à la criminalité organisée opérant depuis la Birmanie, dont plusieurs « membres clés » de réseaux spécialisés dans les arnaques en ligne, selon l’agence de presse officielle Chine Nouvelle.
Les exécutions ont été menées par un tribunal de la ville de Wenzhou, dans l’est du pays, après validation de la Cour populaire suprême. Les accusés avaient été condamnés en septembre dernier pour des chefs d’accusation allant de l’homicide volontaire à la fraude, en passant par les blessures volontaires et la création de casinos illégaux. Les faits reprochés remontaient à 2015 et les preuves ont été jugées « concluantes et suffisantes » par la plus haute juridiction chinoise.
Un lourd bilan humain
Parmi les personnes exécutées figurent des membres du « groupe criminel de la famille Ming », tenu pour responsable de la mort de quatorze citoyens chinois et de blessures infligées à « de nombreuses autres personnes ».
Cinq autres accusés ont été condamnés à la peine de mort avec un sursis de deux ans, une décision qui équivaut le plus souvent à une peine de prison à perpétuité. Vingt-trois autres personnes ont écopé de peines allant de cinq ans de prison à la réclusion à vie.
Cette série de condamnations s’inscrit dans une vaste campagne judiciaire : en novembre, un tribunal de Shenzhen avait déjà prononcé sept condamnations à mort contre des membres d’un gang à la tête de dizaines de centres d’arnaques en ligne, dont deux assorties d’un sursis.

She Zhijiang, 43 ans, un baron de jeux chinois arrêté par la police thaïlandaise en août 2022 en vertu d’un mandat d’arrêt international et d’une notice rouge d’Interpol émise par Pékin
Pressions régionales et affaire She Zhijiang
Dans le même temps, la pression chinoise s’exerce aussi à l’étranger. En novembre, un tribunal thaïlandais a ordonné l’extradition de l’homme d’affaires sino-cambodgien She Zhijiang, arrêté à Bangkok en août 2022 après plus de dix ans de cavale. Il faisait l’objet d’une notice rouge d’Interpol pour des activités de jeux d’argent en ligne et de fraude menées depuis la ville birmane de Shwe Kokko, à la frontière thaïlandaise.
Les « usines à arnaques » de Birmanie
Depuis le coup d’État militaire de 2021 en Birmanie, des complexes tentaculaires d’escroquerie en ligne ont proliféré le long de la frontière poreuse avec la Thaïlande. Ces centres ciblent des étrangers à travers des arnaques sentimentales et commerciales, générant des dizaines de milliards de dollars chaque année.
Selon des enquêtes de l’Agence France-Presse, la majorité de ces sites sont contrôlés par des groupes criminels chinois alliés à des milices birmanes. La junte militaire fermerait largement les yeux sur ces activités, en échange du contrôle sécuritaire des zones frontalières par ces milices.
Mais Pékin, irrité par le nombre croissant de ses ressortissants impliqués ou victimes de ces réseaux, accentue désormais ses pressions. Les exécutions annoncées cette semaine s’inscrivent dans cette volonté affichée de reprendre la main sur une criminalité transnationale devenue un enjeu diplomatique et sécuritaire majeur dans la région.
La Chine a exécuté jeudi onze personnes liées à la criminalité organisée opérant depuis la Birmanie, dont plusieurs « membres clés » de réseaux spécialisés dans les arnaques en ligne, selon l’agence de presse officielle Chine Nouvelle.
Les exécutions ont été menées par un tribunal de la ville de Wenzhou, dans l’est du pays, après validation de la Cour populaire suprême. Les accusés avaient été condamnés en septembre dernier pour des chefs d’accusation allant de l’homicide volontaire à la fraude, en passant par les blessures volontaires et la création de casinos illégaux. Les faits reprochés remontaient à 2015 et les preuves ont été jugées « concluantes et suffisantes » par la plus haute juridiction chinoise.
Un lourd bilan humain
Parmi les personnes exécutées figurent des membres du « groupe criminel de la famille Ming », tenu pour responsable de la mort de quatorze citoyens chinois et de blessures infligées à « de nombreuses autres personnes ».
Cinq autres accusés ont été condamnés à la peine de mort avec un sursis de deux ans, une décision qui équivaut le plus souvent à une peine de prison à perpétuité. Vingt-trois autres personnes ont écopé de peines allant de cinq ans de prison à la réclusion à vie.
Cette série de condamnations s’inscrit dans une vaste campagne judiciaire : en novembre, un tribunal de Shenzhen avait déjà prononcé sept condamnations à mort contre des membres d’un gang à la tête de dizaines de centres d’arnaques en ligne, dont deux assorties d’un sursis.
Pressions régionales et affaire She Zhijiang
Dans le même temps, la pression chinoise s’exerce aussi à l’étranger. En novembre, un tribunal thaïlandais a ordonné l’extradition de l’homme d’affaires sino-cambodgien She Zhijiang, arrêté à Bangkok en août 2022 après plus de dix ans de cavale. Il faisait l’objet d’une notice rouge d’Interpol pour des activités de jeux d’argent en ligne et de fraude menées depuis la ville birmane de Shwe Kokko, à la frontière thaïlandaise.
Les « usines à arnaques » de Birmanie
Depuis le coup d’État militaire de 2021 en Birmanie, des complexes tentaculaires d’escroquerie en ligne ont proliféré le long de la frontière poreuse avec la Thaïlande. Ces centres ciblent des étrangers à travers des arnaques sentimentales et commerciales, générant des dizaines de milliards de dollars chaque année.
Selon des enquêtes de l’Agence France-Presse, la majorité de ces sites sont contrôlés par des groupes criminels chinois alliés à des milices birmanes. La junte militaire fermerait largement les yeux sur ces activités, en échange du contrôle sécuritaire des zones frontalières par ces milices.
Mais Pékin, irrité par le nombre croissant de ses ressortissants impliqués ou victimes de ces réseaux, accentue désormais ses pressions. Les exécutions annoncées cette semaine s’inscrivent dans cette volonté affichée de reprendre la main sur une criminalité transnationale devenue un enjeu diplomatique et sécuritaire majeur dans la région.