Haïti : un dialogue politique lancé sans consensus ni appui international majeur
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Un dialogue interhaïtien s’est ouvert ce dimanche 1er février à Port-au-Prince, à l’initiative de trois conseillers-présidents du Conseil présidentiel de transition. Il s’agit de Leslie Voltaire, Edgard Leblanc Fils et Louis Gérald Gilles, tous sanctionnés par les États-Unis pour des liens présumés avec des gangs armés.
Les discussions se tiennent à l’Hôtel Montana, un lieu symbolique des rencontres politiques en Haïti. Plusieurs figures politiques et sociales ont répondu présentes, dont l’ancien député Antoine Rodon Bien-Aimé, le coordonnateur du ROSPO Esaïe Beauchard, Moïse jean Charles (Pitit Desalin), Louberson Benjamin alias (Ti Youri) ancien candidat au poste de Premier ministre, ainsi que des représentants syndicaux et d’autres organisations de la société civile.
Toutefois, ce dialogue démarre dans un climat de fortes réserves. Le président en exercice du CPT et la majorité des autres conseillers-présidents n’y participent pas. Une absence qui fragilise, aux yeux de nombreux observateurs, la légitimité et la représentativité du processus.
Autre signal fort : aucun représentant officiel des pays partenaires traditionnels d’Haïti — États-Unis, Canada et France — n’est présent. La Organisation internationale de la Francophonie (OIF) est, pour l’instant, la seule institution internationale à observer les échanges.
Prévu jusqu’au 3 février, ce dialogue entend formuler des propositions face à la crise multidimensionnelle que traverse le pays. Mais sans large adhésion politique ni soutien international affiché, ses chances de déboucher sur un consensus national restent incertaines.