Tensions autour du BSEIPH : sit-in à Delmas 60 et contestation de la nomination, sur fond de reconduction de Génard Joseph comme secrétaire d’État aux Personnes handicapées
2 min de lecture
La nomination de nouveaux responsables à la tête de plusieurs institutions publiques continue de susciter des réactions, notamment au sein du secteur des personnes à mobilité réduite. Le 20 mars 2026, un groupe de manifestants a organisé un sit-in à Delmas 60 pour dénoncer la récente installation de Guerline Dardignac comme directrice exécutive du Bureau du Secrétaire d’État à l’Intégration des Personnes Handicapées (BSEIPH).
Cette mobilisation intervient au lendemain de sa nomination et traduit un profond malaise au sein des organisations concernées. Les protestataires dénoncent un possible conflit d’intérêts, affirmant que la nouvelle directrice serait la belle-sœur du ministre des Affaires sociales, Marc Élie Nelson. Une situation qu’ils jugent incompatible avec les principes de transparence et de bonne gouvernance.
Au-delà de cette question, les manifestants rappellent que la loi-cadre régissant le BSEIPH exige que l’institution soit dirigée par une personne en situation de handicap. Pour eux, cette exigence n’aurait pas été respectée dans le choix opéré par les autorités.
Les protestataires réclament également le retour de Génard Joseph à la tête de l’institution. Récemment évincé de cette fonction, il bénéficie encore du soutien d’une partie du secteur, malgré sa reconduction, pour une troisième fois consécutive, au poste de secrétaire d’État aux Personnes handicapées. En poste depuis près de cinq ans sous le gouvernement d’Ariel Henry, sa longévité politique continue d’alimenter les débats.
Ce mouvement de contestation intervient dans un contexte plus large de nominations à des postes clés de l’administration publique. Jacques Stevens Thimoléon a été nommé directeur général du BMPAD, Franck Lauture prend la direction de l’INFP, Lovelie François et Botawany Joseph dirigent respectivement l’ONA, tandis que Pierre André Gédéon, Patrick Delatour et Ricardo Jean-Baptiste ont été désignés à la tête d’autres institutions stratégiques.
Par ailleurs, le dossier du BMPAD reste particulièrement sensible. Le Premier ministre Fils-Aimé se retrouve dans une position délicate après avoir initialement promis ce poste au RDNP, avant de finalement l’attribuer au PHTK et à ses alliés, un revirement susceptible d’exacerber les tensions politiques.
Dans ce climat déjà fragile, la contestation autour du BSEIPH vient rappeler les attentes fortes en matière d’inclusion, de représentativité et de respect des cadres légaux. Elle souligne également les défis persistants auxquels fait face la gouvernance publique dans un contexte de recomposition politique et sociale.
Source: Lunie Joseph