20 mai 2026

Haïti : des négociations entre autorités locales et gangs auraient débuté à Gressier, André Michel dénonce une « capitulation »

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Une déclaration de l’avocat et homme politique André Michel vient relancer le débat explosif sur la question des négociations avec les groupes armés en Haïti. Dans une publication diffusée sur le réseau X, Me André Michel affirme que des discussions auraient commencé entre des autorités locales et des gangs armés dans la commune de Gressier.

Une révélation qui intervient dans un contexte où l’État haïtien continue de perdre du terrain face aux groupes criminels qui contrôlent désormais de larges portions du territoire national.

« Nous apprenons que les autorités locales commencent à négocier avec les gangs à Gressier. Nous ne sommes pas d’accord avec cette chose », a écrit André Michel dans un message particulièrement virulent.

L’ancien opposant politique estime que toute forme de dialogue avec les groupes armés revient à légitimer leur pouvoir et à institutionnaliser leur influence sur le pays.

« Depuis que nous sommes entrés en négociation avec les gangs, les gangs vont toujours contrôler le pays », affirme-t-il.

Dans sa publication, Me André Michel rejette catégoriquement toute possibilité de compromis avec les groupes criminels qu’il accuse de massacres, d’enlèvements, de viols et de destruction économique.

« Nous n’avons pas le droit d’entrer en négociation avec une bande de criminels qui massacrent, kidnappent, violent et humilient la population », déclare-t-il, avant d’ajouter : « La solution est d’éliminer les gangs ».

Ces déclarations illustrent une fracture de plus en plus profonde au sein du débat national sur la stratégie à adopter face à l’effondrement sécuritaire du pays.

Depuis plusieurs mois, certaines voix au sein de la société civile, des collectivités locales et même de certains secteurs politiques évoquent discrètement l’idée de dialogues locaux ou d’accords communautaires afin de limiter les violences dans certaines communes particulièrement touchées.

À Gressier, commune située à l’entrée sud de Port-au-Prince, les attaques armées répétées ont provoqué des déplacements massifs de population, la fermeture de nombreuses activités économiques et une paralysie presque totale de la vie locale.

Dans ce contexte, certains responsables locaux seraient tentés de privilégier des arrangements temporaires pour éviter l’aggravation des violences.

Mais pour André Michel, cette approche constitue une erreur stratégique majeure qui ne ferait que renforcer davantage les groupes armés.

Le débat reste extrêmement sensible en Haïti. D’un côté, plusieurs acteurs considèrent qu’un dialogue indirect pourrait permettre de sauver des vies dans certaines zones abandonnées par l’État. De l’autre, des figures politiques comme André Michel estiment que toute négociation avec les gangs représente une forme de capitulation de l’autorité publique.

Cette polémique survient alors que les forces de sécurité haïtiennes, appuyées par la mission internationale, peinent encore à reprendre durablement le contrôle des territoires dominés par les coalitions armées.

Pendant ce temps, une partie croissante de la population continue de vivre entre peur, déplacements forcés et absence totale de protection institutionnelle.

À travers cette sortie, André Michel tente aussi de repositionner le débat national autour d’une ligne dure : aucune coexistence possible avec les gangs, seulement leur démantèlement total. Mais sur le terrain, la réalité sécuritaire semble de plus en plus complexe pour un État qui peine encore à rétablir son autorité.

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