21 février 2026

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Bolivie : Les partisans d’Evo Morales intensifient la crise en prenant des soldats en otage et en bloquant le pays.-

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La Bolivie traverse une période de crise intense, marquée par la prise en otage d’une vingtaine de soldats par les partisans de l’ancien président Evo Morales et des blocages de routes qui paralysent le pays depuis près de trois semaines. Evo Morales, qui a dirigé la Bolivie de 2006 à 2019, est au cœur des tensions politiques, accusant le gouvernement actuel de persécution politique. Ce conflit ravive les divisions dans le pays et perturbe gravement l’économie bolivienne.

Vendredi 1er novembre, Evo Morales a annoncé entamer une grève de la faim pour forcer le gouvernement du président Luis Arce à engager des négociations. « Je vais entamer une grève de la faim jusqu’à ce que le gouvernement installe […] des tables de négociation », a déclaré Morales depuis la région de Chapare, son bastion politique au centre de la Bolivie.

Plus tôt dans la journée du 1er novembre, des partisans armés de Morales ont pris d’assaut une caserne militaire dans le Chapare, prenant en otage une vingtaine de soldats et s’emparant d’armes et de munitions. Dans une vidéo diffusée par la presse, on voit des soldats encerclés par des paysans armés de bâtons. Selon les militaires, ces groupes sont liés aux territoires indigènes de Tipnis, région où Morales bénéficie d’un soutien populaire important parmi les cultivateurs de coca.

En réponse, le gouvernement bolivien a mobilisé l’armée pour soutenir la police dans une opération nommée « Récupérer la patrie ». Le ministre de l’Intérieur, Eduardo Del Castillo, a affirmé que les forces de sécurité progressaient et qu’elles ne relâcheraient pas leurs efforts pour restaurer la paix dans le pays. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé toutes les parties à faire preuve de retenue pour éviter une escalade de la violence.

Depuis le 14 octobre, les partisans de Morales bloquent les routes principales du pays, provoquant une pénurie de carburants et de certains produits alimentaires, notamment dans la capitale La Paz. Pour répondre à cette crise, le gouvernement a mis en place un pont aérien afin de livrer 40 000 kilos de poulet par jour à la capitale. Selon Luis Arce, l’impact économique de ces blocages atteint déjà plus de 1,7 milliard de dollars, avec des conséquences directes pour les familles boliviennes et une augmentation des prix des produits de première nécessité.

Les partisans de Morales exigent également la démission du président Arce, qu’ils accusent d’être incapable de résoudre la crise économique aggravée par une pénurie de devises étrangères. Morales, de son côté, estime que les poursuites judiciaires dont il fait l’objet, notamment pour une affaire présumée de viol, sont orchestrées par le gouvernement dans le but de l’empêcher de se présenter aux élections présidentielles de 2025. Malgré une décision de justice le disqualifiant, Morales affirme son intention de se représenter, dénonçant une « persécution judiciaire » de la part de son ancien allié devenu rival.

Les tensions politiques et sociales en Bolivie ne montrent aucun signe d’apaisement. Tandis que le gouvernement tente de rétablir l’ordre, les soutiens de Morales semblent déterminés à maintenir la pression, posant un défi de taille au président Arce. La Bolivie se retrouve aujourd’hui divisée, avec un impact économique majeur qui affecte le quotidien des citoyens. La crise pourrait encore s’intensifier si les négociations réclamées par Morales ne sont pas rapidement mises en place. En attendant, les autorités continuent de surveiller la situation de près, alors que le pays reste en proie aux incertitudes politiques et économiques qui font craindre une aggravation de la situation dans les jours à venir.

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