Haïti : Emmanuel Ménard pressenti à la Culture, un poids lourd politique pour muscler l’équipe de Didier Fils-Aimé face à l’opposition
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Un choix incontestable s’il est confirmé
Le nom d’Emmanuel Ménard s’impose dans le débat public. Depuis plusieurs jours, il est annoncé comme futur ministre de la Culture et de la Communication dans l’équipe que s’apprête à former le Premier ministre Didier Fils-Aimé.
Si cette nomination se concrétise, elle pourrait bien constituer l’un des gestes politiques les plus forts de cette transition.
Le contexte est explosif. L’opposition s’organise, la méfiance persiste, et le pays n’accordera aucun répit au nouveau gouvernement. L’heure n’est ni à l’apprentissage ni à l’hésitation. Il faudra agir vite, prévenir les crises, désamorcer les tensions, intervenir sans délai.
Dans cette équation, l’arrivée d’Emmanuel Ménard aux côtés de figures comme Uder Antoine et Raina Forbin renforcerait considérablement le poids politique de l’exécutif.
En intégrant le leader de la Force de Louverture réformatrice à une équipe où figurent aussi d’anciens cadres du parti Vérité, Didier Fils-Aimé démontrerait une capacité rare à rassembler au-delà des appartenances partisanes. Un pari d’ouverture dans une transition qui doit impérativement conduire à des élections crédibles.
L’atout Ménard
Emmanuel Ménard n’est pas un novice. Ancien professeur de communication sociale, fin connaisseur des rouages de l’administration publique, il s’est imposé au fil des années comme une voix mesurée, respectée et écoutée. Son ton modéré tranche dans un paysage souvent polarisé.
Surtout, il dispose d’un capital relationnel stratégique : des entrées solides dans la presse, des réseaux nationaux et internationaux, et une crédibilité intellectuelle qui peut servir de passerelle entre le pouvoir et l’opinion.
Dans le domaine culturel, son profil parle de lui-même. Homme de lettres, poète, éditeur, familier des scènes et des plateaux, il cultive un ancrage profond dans la culture populaire et les arts. Ancien membre du Comité de pilotage du Réseau numérique francophone soutenu par l’Organisation internationale de la Francophonie, il pourrait mobiliser des partenariats et attirer des investissements dans un secteur en quête de structuration et de débouchés.
Une trouvaille stratégique
Si Emmanuel Ménard accepte cette responsabilité, le choix apparaîtra comme stratégique. Il pourrait jouer un rôle de trait d’union entre des forces politiques divergentes et contribuer à installer un climat de dialogue indispensable à la réussite de la transition.
Dans une période où chaque décision sera scrutée et chaque faux pas amplifié, un profil d’expérience, de pondération et de culture peut faire la différence.
La balle est désormais dans son camp. Mais s’il rejoint le gouvernement, beaucoup y verront non seulement une nomination, mais un signal : celui d’une volonté de rassemblement face à l’urgence nationale.