Haïti : la mission multinationale de sécurité prend fin après des résultats limités
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La mission multinationale de soutien à la sécurité en Haïti a officiellement pris fin ce lundi avec le départ du dernier contingent de policiers kényans. Approuvée en octobre 2023 par le Conseil de sécurité des Nations unies, elle visait à appuyer la Police nationale haïtienne dans la lutte contre les gangs.
Dès son lancement, cette force internationale devait répondre à la dégradation rapide de la situation sécuritaire dans le pays, marquée par l’emprise croissante des groupes armés sur plusieurs zones urbaines. Mais sa mise en œuvre a été retardée par des obstacles juridiques au Kenya, où des recours avaient initialement bloqué le déploiement des forces. Les tribunaux kényans avaient finalement autorisé l’envoi du contingent, permettant le lancement de la mission avec plusieurs mois de décalage.
Sur le terrain, les moyens engagés sont restés inférieurs aux objectifs annoncés. Nairobi s’était engagé à fournir environ 1 000 policiers, mais moins de 800 ont effectivement été déployés. Plus largement, la mission devait atteindre un effectif total de 2 500 hommes, un seuil qui n’a jamais été approché.
Le financement a également pesé sur l’efficacité du dispositif. Sur un budget annuel estimé à 600 millions de dollars, seuls 400 millions ont été réunis, principalement grâce au soutien des États-Unis. Ce manque de ressources a limité les capacités logistiques et opérationnelles de la mission, réduisant son impact dans un contexte sécuritaire particulièrement dégradé.
Face à ces contraintes, le bilan apparaît contrasté, alors que les violences liées aux gangs persistent dans plusieurs régions du pays.
La mission sera remplacée par une nouvelle initiative internationale, la Force de répression des gangs, également approuvée par le Conseil de sécurité. Reste à savoir si ce nouveau dispositif parviendra à répondre plus efficacement aux défis sécuritaires auxquels Haïti demeure confronté.