Haïti : le RDNP constate « l’échec » du gouvernement Fils-Aimé et réclame une nouvelle transition

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Haïti est en crise ! Le RDNP dénonce l'échec du gouvernement, les gangs qui s'emparent des villes, et les élections reportées. Avec des institutions sous contrôle partisan, la neutralité est menacée. Le parti appelle à des consultations urgentes.

Le climat politique continue de se détériorer autour du gouvernement de Alix Didier Fils-Aimé. Dans une note publique particulièrement sévère publiée cent jours après le 7 février 2026, le Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes (RDNP), pourtant signataire du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections, prend officiellement ses distances avec l’actuelle transition et appelle à des « consultations nationales urgentes ».

Dans ce document au ton alarmant, le parti affirme que la situation du pays « s’est dramatiquement aggravée sur tous les plans » depuis l’installation du gouvernement issu du Pacte national.

Le RDNP rappelle avoir soutenu cette transition dans l’espoir de rétablir la sécurité, remettre les institutions en marche et conduire Haïti vers des élections crédibles et démocratiques. Mais, selon le parti, les engagements pris n’ont pas été respectés.

Le document dresse un constat extrêmement sombre de la situation nationale. Le RDNP évoque notamment l’expansion continue des gangs armés dans l’Artibonite, la Plaine du Cul-de-Sac, Port-au-Prince et plusieurs autres régions stratégiques du pays. Le parti souligne également l’augmentation des déplacés internes, la fermeture d’écoles, l’effondrement du système sanitaire ainsi que l’aggravation de la crise humanitaire.

« Haïti est en train de se dissoudre sous nos yeux », avertit le Directoire national du RDNP, estimant que l’État recule chaque jour davantage face aux groupes armés.

Le report des élections constitue également, selon le parti, « un aveu d’échec majeur ». Le RDNP affirme qu’aucun élément sérieux ne permet aujourd’hui de croire que le gouvernement actuel soit capable d’organiser des élections honnêtes, crédibles et inclusives dans des conditions acceptables.

Le parti accuse aussi le pouvoir d’avoir contribué à approfondir la crise par des nominations politiques motivées par des intérêts partisans plutôt que par la compétence. Selon le document, cette logique de contrôle des institutions compromet dangereusement la neutralité de l’appareil d’État pourtant prévue dans le Pacte national.

Le RDNP refuse désormais d’être associé à un processus qui pourrait conduire, selon ses dirigeants, à des « élections truquées » organisées dans un contexte d’insécurité généralisée et de captation des institutions publiques.

Dans cette note, le parti franchit un nouveau cap politique en estimant que la transition actuelle « a perdu sa crédibilité politique, sa capacité opérationnelle ainsi que sa légitimité morale ».

En conséquence, le RDNP appelle à l’ouverture immédiate de nouvelles consultations nationales devant conduire à la mise en place d’un nouveau gouvernement « crédible, compétent et patriotique », capable de rétablir l’autorité de l’État et de créer les conditions minimales nécessaires à l’organisation de véritables élections.

Le parti plaide également pour l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants composée de jeunes professionnels, de technocrates et de responsables publics jugés compétents et intègres.

Cette prise de position du RDNP représente un nouveau coup politique pour le gouvernement Fils-Aimé, déjà fragilisé ces dernières semaines par des critiques croissantes venant de plusieurs secteurs politiques, diplomatiques et de la société civile.

À mesure que l’insécurité s’aggrave et que les incertitudes autour du calendrier électoral persistent, la pression s’intensifie désormais autour de l’avenir même de la transition politique en Haïti.

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