22 mars 2026

Haïti : une goutte d’espérance pour arracher les enfants à la violence des gangs

3 min de lecture

Dans un pays plongé dans une spirale de violence, une lueur d’espoir persiste. À Haïti, sœur Paésie consacre sa vie à protéger et éduquer des centaines d’enfants, leur offrant une alternative à l’enrôlement dans les bandes armées qui ravagent le pays.

Depuis plus de 25 ans, cette religieuse œuvre au sein de la Famille Kizito, une association qui accueille des enfants issus de Cité Soleil, immense bidonville de Port-au-Prince. Dans un contexte marqué par l’insécurité et la pauvreté extrême, cette communauté représente bien plus qu’une école : elle est un refuge, une famille et une chance de reconstruire un avenir.

La situation en Haïti est dramatique. Les gangs armés, autrefois liés à des intérêts politiques, ont progressivement gagné en autonomie et en puissance. Aujourd’hui, certains sont directement connectés aux réseaux internationaux de trafic de drogue. En 2024, plus de 5 600 personnes ont été tuées, et près de 3 000 autres ont déjà perdu la vie en 2025. Cette violence a contraint plus de 1,3 million d’habitants à fuir leur foyer.

Sœur Paésie a été témoin de cette évolution. « Au départ, ces groupes étaient instrumentalisés par des partis politiques, notamment lors des élections. Mais aujourd’hui, ils échappent largement à tout contrôle », explique-t-elle. Désormais, ces gangs dominent des quartiers entiers et étendent leur influence jusque dans les zones rurales.

La situation sécuritaire reste extrêmement volatile. Si Cité Soleil connaît aujourd’hui un relatif apaisement après des alliances entre gangs, la violence s’est déplacée vers d’autres zones. Les attaques sont brutales : maisons incendiées, viols, massacres. Les populations fuient, s’entassant dans des écoles ou des bâtiments publics, sans perspective de retour.

Dans ce contexte, les besoins humanitaires explosent. La pauvreté s’aggrave à mesure que les circuits d’approvisionnement sont perturbés. Les gangs imposent des « péages » sur les routes, faisant grimper les prix des denrées alimentaires. Pour de nombreuses familles, survivre devient un défi quotidien.

Malgré ces difficultés, la Famille Kizito continue de fonctionner grâce aux dons. Ceux-ci permettent de nourrir les enfants, de rémunérer les enseignants et de maintenir les activités éducatives. « L’école est avant tout un lieu de protection », souligne sœur Paésie. « Elle éloigne les enfants de la rue et des dangers immédiats. »

Car sans encadrement, les plus jeunes sont particulièrement vulnérables. Dès l’âge de sept ou huit ans, certains quittent leur foyer faute de nourriture et se retrouvent livrés à eux-mêmes. Ils deviennent alors des proies faciles pour les gangs.

Au sein de la communauté, les enfants retrouvent une stabilité. Ils mangent, apprennent et recréent des liens affectifs. Beaucoup sont orphelins, leurs parents ayant été tués dans les violences. D’autres ont perdu tout contact avec leur famille. La Famille Kizito tente, lorsque cela est possible, de renouer ces liens.

Dans un pays où la violence semble omniprésente, l’action de sœur Paésie apparaît comme une résistance silencieuse mais essentielle. Chaque enfant sauvé représente une victoire contre la fatalité, une preuve que même au cœur du chaos, l’espoir peut encore exister.

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