Élections en Haïti : André Michel interpelle Fanmi Lavalas et réclame un consensus politique
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Port-au-Prince, 3 octobre 2026 — Me André Michel hausse le ton sur le processus électoral en cours en Haïti. Dans plusieurs publications sur son compte X, l’homme politique met en garde contre ce qu’il présente comme une politisation de l’appareil d’État et appelle à des garanties de sécurité, d’impartialité et de consensus avant la tenue des prochaines élections.
Dans l’une de ses publications, Me André Michel affirme que « la majorité des partis et organisations politiques » auraient déjà dénoncé, selon lui, une instrumentalisation de l’État au bénéfice de la plateforme politique associée au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
Il interpelle directement Fanmi Lavalas, demandant au parti de préciser publiquement sa position sur cette question qu’il qualifie de « fondamentale ».
Cette déclaration intervient alors que le rapprochement entre le chef du gouvernement et la plateforme VIKTWA fait l’objet de critiques de la part de certains acteurs politiques. Des articles récents ont notamment rapporté les accusations d’André Michel concernant la neutralité de l’exécutif dans le contexte électoral.
Dans une autre publication, l’avocat estime que trois conditions sont essentielles à la crédibilité du prochain scrutin : la sécurité, l’impartialité de l’État et un consensus politique sincère.
Selon lui, organiser les élections sans ces garanties pourrait, affirme-t-il, « aggraver davantage la crise politique et sociale ».
Me André Michel s’appuie également sur un récent message de l’Église catholique, dont il invite le gouvernement et le Conseil électoral provisoire (CEP) à tenir compte dans leurs décisions concernant le processus électoral.
La question sécuritaire constitue depuis plusieurs mois l’un des principaux sujets de préoccupation autour de l’organisation des élections. Dans une intervention publiée en mai, André Michel avait déjà insisté sur la nécessité d’améliorer les conditions de sécurité tout en faisant avancer le processus électoral.
Me André Michel revient également sur la récente rencontre entre le CEP, les partis politiques et le gouvernement. Il la qualifie de « catastrophe » et estime que les difficultés actuelles sont avant tout politiques.
Il reproche notamment à Alix Didier Fils-Aimé d’avoir, selon lui, « cassé la confiance dans le processus électoral » en créant sa propre plateforme politique.
Pour l’homme politique, la sortie de crise passe désormais par la recherche d’un consensus entre les principaux acteurs afin de préserver la crédibilité du processus.
Ces critiques s’inscrivent dans un débat plus large sur l’indépendance du processus électoral. En mai dernier, plusieurs acteurs politiques avaient déjà contesté certaines dispositions du projet de décret électoral élaboré sous le gouvernement Fils-Aimé, en exprimant des inquiétudes sur l’indépendance et la crédibilité des futures élections.
À ce stade, les déclarations rapportées ci-dessus constituent la position de Me André Michel. Elles ne permettent pas, à elles seules, d’établir comme un fait les accusations d’instrumentalisation de l’État ou de rupture de confiance qu’il adresse au gouvernement.

