16 mars 2026

La ministre haïtienne Dominique Dupuy se démarque par une diplomatie élégante face aux tensions avec la République dominicaine.-

3 min de lecture

La ministre des Affaires étrangères d’Haïti, Dominique Dupuy, a fait preuve d’une finesse rare dans la gestion des relations tendues entre Haïti et la République dominicaine. En annonçant une baisse significative des déportations d’Haïtiens, souvent critiquées pour leurs abus des droits humains, Dupuy a pris l’initiative de signaler cette évolution positive sur X (anciennement Twitter), accompagnée d’un appel à un dialogue ouvert. Elle a ainsi tendu la main à son homologue, le ministre dominicain des Affaires étrangères Roberto Alvarez, tout en plaçant l’intérêt des deux nations au cœur de son approche.

Cependant, alors que cette communication se voulait un geste diplomatique fort, une intervention de la ministre de l’Intérieur dominicaine, Faride Raful, a fait polémique. Commentant la publication de Dupuy, Raful s’est attirée les critiques de nombreux analystes politiques dominicains. Ceux-ci jugent son intervention déplacée, non seulement parce qu’elle empiète sur le domaine de la diplomatie – qui relève exclusivement de son homologue Alvarez – mais aussi parce qu’elle pourrait être perçue comme une tentative de gagner en visibilité sur une question où elle n’a pas de rôle légitime. L’élégance de Dupuy contraste ici avec ce que les commentateurs dominicains voient comme un manquement au protocole de la part de Raful.

Une controverse politique de plus pour Faride Raful

Mais l’implication de Raful dans ce débat ne serait qu’un épisode de plus dans une carrière marquée par la controverse. La ministre, membre influente du Parti révolutionnaire moderne (PRM), est citée dans le rapport d’enquête de la journaliste Nuria Piera pour son rôle dans le projet controversé du Centre thermoélectrique de Punta Catalina, financé par l’entreprise brésilienne Odebrecht.

Ce projet, impliqué dans un vaste scandale de corruption, aurait permis la distribution de millions de dollars en pots-de-vin pour obtenir des contrats avantageux, mêlant figures politiques et entrepreneurs dominicains dans une affaire qui continue de ternir le paysage politique du pays. Raful, proche du sénateur Félix Bautista, lui-même lié à de nombreux scandales financiers, s’est retrouvée au centre de ces allégations pour son rôle de contrôle dans ce projet d’envergure.

Pour beaucoup, la réaction de Raful à la déclaration de Dupuy a non seulement manqué de professionnalisme, mais a également mis en lumière des questions sur son intégrité et sa transparence. Plusieurs analystes dominicains n’ont pas hésité à comparer Dupuy à des figures diplomatiques emblématiques, comme ( Jeanne Kirkpatrick , Benazir Bhutto, Sigrid Kaag) louant sa capacité à naviguer des situations délicates sans céder à la pression politique. En revanche, Raful reste marquée par ses liens avec des personnalités controversées comme Bautista, qui aurait, également du PRM, ajoute une dimension politique à cette affaire, Bautista étant lui-même impliqué dans des transactions douteuses liées aux fonds PetroCaribe durant les élections de 2010. Sous la présidence de René Préval signé par l’ancien premier ministre Jean Max Bellerive.

“Trouver l’erreur”

La situation actuelle entre Haïti et la République dominicaine pourrait marquer un tournant si la diplomatie l’emporte sur les tensions. Mais à ce jour, les échanges diplomatiques sont embrouillés par des interventions intempestives, des suspicions de corruption et des figures politiques qui semblent jouer des cartes personnelles. Dominique Dupuy, avec son approche mesurée et son appel au dialogue, a montré une voie possible, tandis que Faride Raful laisse la question ouverte :

Trouver l’erreur.

Sources:

https://lenouvelliste.com/article/171516/scandale-odebrecht-la-creme-de-la-classe-politique-dominicaine-sous-les-verrous

https://www.alterpresse.org/spip.php?article31103

•https://www.alterpresse.org/spip.php?article24472alement,

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