Venezuela : l’Allemagne demande aux États-Unis de justifier juridiquement leur intervention contre Nicolás Maduro
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Berlin interpelle Washington. L’Allemagne a officiellement demandé aux États-Unis de préciser le fondement juridique de leur intervention militaire au Venezuela. Une démarche rare entre alliés de l’OTAN, qui relance le débat sur la légalité internationale de l’usage de la force contre un État souverain.
Selon des informations relayées par plusieurs sources diplomatiques, Berlin souhaite savoir en vertu de quelle loi — nationale ou internationale — Washington justifie des frappes aériennes, un blocus naval et des menaces militaires à l’encontre du régime de Nicolás Maduro.
Cette demande allemande reflète un malaise plus large au sein de plusieurs capitales européennes, ainsi que parmi de nombreux juristes spécialistes du droit international.
La Charte des Nations unies encadre strictement le recours à la force armée, qui n’est autorisé que dans des cas précis : une décision du Conseil de sécurité de l’ONU, la légitime défense ou, dans certains systèmes politiques, une autorisation parlementaire claire.
Or, aucune résolution onusienne n’a, à ce stade, validé une intervention militaire contre le Venezuela. La piste de la légitime défense apparaît également fragile, en l’absence d’attaque directe ou imminente contre les États-Unis.
De son côté, l’administration Trump présente ces actions comme une opération d’application de la loi, s’appuyant sur l’inculpation de Nicolás Maduro par la justice américaine en 2020 pour narco-terrorisme.
Selon cette interprétation, il ne s’agirait pas d’un conflit armé classique, mais d’une réponse ciblée ne nécessitant pas de déclaration de guerre formelle ni d’autorisation spécifique du Congrès.
Une justification qui suscite toutefois de nombreuses critiques : pour plusieurs experts, le droit pénal américain ne saurait, à lui seul, légitimer une action militaire extraterritoriale contre un État souverain.
Sans condamner explicitement Washington, l’Allemagne — en phase avec la position générale de l’Union européenne — insiste sur la nécessité de clarifier le cadre légal de ces opérations et de respecter le droit international.
Berlin redoute notamment la création d’un précédent, qui affaiblirait encore davantage l’ordre juridique international.
Cette prise de position marque un moment de tension diplomatique entre alliés occidentaux. Elle souligne que, même au sein de l’OTAN, la question de la légalité des interventions militaires reste un sujet de divergence majeur, dans un contexte international déjà marqué par de multiples crises.
Source : @spectatorindex