Haïti : Rodlet Jean Baptiste veut des centres d’inscription pour les électeurs déplacés par la violence
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Port-au-Prince — À l’approche des prochaines élections, la question de l’accès au processus électoral des populations déplacées par l’insécurité s’invite dans le débat. Dans une lettre ouverte adressée au président du Conseil électoral provisoire (CEP), Jacques Desrosiers, le citoyen, écrivain et communicateur Jean Rodlet Jean Baptiste appelle l’institution électorale à adapter ses mécanismes d’inscription à la nouvelle réalité territoriale du pays.
Dans sa correspondance datée du 20 août 2026, Jean Rodlet Jean Baptiste estime que les déplacements massifs de population provoqués par la crise sécuritaire constituent désormais un obstacle majeur à l’exercice des droits civiques.
De nombreux citoyens ayant quitté notamment Port-au-Prince, l’Artibonite et d’autres zones touchées par les violences vivent aujourd’hui dans le Grand Nord, le Grand Sud ou dans d’autres régions du pays. Pour eux, retourner dans leur zone d’origine afin d’accomplir certaines démarches administratives peut représenter un risque sécuritaire et une charge financière considérable.
Dans sa lettre, l’auteur souligne qu’exiger le retour de ces citoyens dans leur région d’origine pourrait, dans certains cas, les placer devant un choix difficile entre leur sécurité et leur participation à la vie démocratique.
Il rappelle également que le déplacement par voie aérienne reste financièrement inaccessible pour une grande partie de la population.
Cette problématique prend une importance particulière pour la jeunesse, estime-t-il. Une génération qui étudie, travaille ou vit temporairement dans une autre région ne devrait pas être exclue du processus électoral simplement parce que la crise l’a éloignée de son lieu d’origine.
Jean Rodlet Jean Baptiste propose au CEP, en collaboration avec la Primature, les institutions concernées et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), d’étudier plusieurs solutions.
Parmi elles : la création de centres d’inscription dans les zones accueillant les populations déplacées, le déploiement d’unités mobiles sécurisées et l’utilisation de mécanismes numériques de vérification et de suivi.
L’objectif serait de faciliter l’inscription des personnes déplacées tout en préservant l’intégrité du registre électoral, notamment en évitant les doubles inscriptions et en garantissant la protection des données personnelles.
Cette approche rejoint une question déjà au cœur des préparatifs électoraux. Le CEP a indiqué que les personnes déplacées peuvent s’inscrire dans un centre situé dans leur zone de résidence actuelle et que l’inscription constitue une étape indispensable pour pouvoir voter.
Pour Jean Rodlet Jean Baptiste, l’administration électorale doit désormais tenir compte de ce qu’il qualifie de « nouvelle géographie humaine d’Haïti ».
Le CEP a lui-même reconnu que les conditions sécuritaires ont un impact direct sur la logistique électorale et sur l’ouverture des centres. Son président, Jacques Desrosiers, a notamment appelé à des conditions de sécurité acceptables pour poursuivre le processus.
La lettre ouverte invite donc le CEP à anticiper ces difficultés plutôt qu’à attendre qu’elles deviennent un obstacle au scrutin.
« Aucun citoyen ne devrait perdre la possibilité d’exercer ses droits civiques parce qu’il a dû se déplacer pour survivre, travailler, étudier ou protéger sa famille », écrit Jean Rodlet Jean Baptiste.
Une interpellation citoyenne qui pose, au fond, une question essentielle pour les prochaines élections : comment garantir le droit de vote à une population dont une partie importante a été contrainte de changer de territoire à cause de l’insécurité ?


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