Haïti : la corruption douanière au cœur des rivalités commerciales
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La corruption au sein de l’administration douanière haïtienne est également utilisée comme un moyen de favoriser certains opérateurs économiques au détriment de leurs concurrents. Dans son rapport S/2024/253, publié en mars 2024, le Groupe d’experts des Nations unies décrit des pratiques présumées de corruption visant à contourner les contrôles ou à bloquer des marchandises concurrentes.
Selon le rapport, certains acteurs économiques auraient versé des pots-de-vin à des fonctionnaires des douanes afin d’obtenir la libération de conteneurs sans respecter les procédures réglementaires. En juillet 2023, un directeur adjoint des douanes de Port-au-Prince a été démis de ses fonctions après avoir autorisé le dédouanement de plusieurs conteneurs provenant de deux ports privés, sans disposer des documents requis et avant l’inspection des cargaisons.
Le document onusien relève également une autre pratique : des opérateurs économiques auraient soudoyé des agents pour retarder ou empêcher le dédouanement des marchandises appartenant à leurs concurrents. Cette instrumentalisation des procédures douanières transforme le contrôle des importations en un levier de concurrence déloyale, susceptible de perturber le marché et de favoriser des intérêts privés.
Ces pratiques présumées soulèvent des questions sur la transparence des opérations portuaires et l’intégrité de l’administration publique. Elles peuvent également fragiliser les recettes de l’État lorsque les formalités et les droits de douane ne sont pas correctement appliqués.
Le Groupe d’experts des Nations unies précise qu’il poursuivait ses investigations sur ces affaires au moment de la rédaction du rapport. Les faits rapportés doivent donc être distingués des éventuelles conclusions judiciaires, qui ne sont pas établies dans l’extrait fourni.
Source : Rapport du Groupe d’experts des Nations unies sur Haïti, S/2024/253, paragraphe 93.

