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10 octobre 2026

Haïti : l’ONU décrit les liens entre gangs, responsables politiques et milieux économiques

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Dans un rapport publié en mars 2024, les Nations unies mettent en lumière les relations d’interdépendance entre les groupes armés, certains acteurs politiques et des milieux économiques en Haïti. Selon les enquêteurs, ces réseaux peuvent servir à financer des manifestations, à défendre des intérêts économiques ou à contourner les contrôles douaniers.

En Haïti, les frontières entre les sphères politique, économique et criminelle peuvent se révéler particulièrement poreuses. Le Groupe d’experts des Nations unies explique que certaines personnalités économiques peuvent également exercer des fonctions politiques et entretenir des relations avec des groupes armés, notamment pour préserver leurs intérêts.

Selon le rapport, cette interdépendance a contribué au renforcement des gangs et à l’extension de leur emprise territoriale. Dans les zones qu’ils contrôlent, les groupes armés disposent d’un pouvoir de fait qui peut contraindre les responsables politiques et les opérateurs économiques à négocier avec eux pour organiser certaines activités publiques.

Le document indique qu’à Port-au-Prince, mobiliser entre 100 et 200 manifestants pendant quatre à six heures pouvait coûter entre 8 000 et 10 000 dollars au minimum en « frais de facilitation » versés à un représentant de gang. Ces montants, rapportés par les experts onusiens, variaient selon les circonstances et faisaient l’objet de négociations.

Les manifestations antigouvernementales et les périodes de pays lock, marquées par la paralysie des activités, pouvaient ainsi devenir des sources de revenus pour les groupes armés. Le rapport évoque également le recours présumé à ces derniers dans des conflits entre opérateurs portuaires privés, ainsi que des tentatives d’intimidation de fonctionnaires des douanes chargés d’inspecter certains conteneurs.

Ces pratiques illustrent une forme de captation des institutions et de collusion entre intérêts privés et réseaux criminels, susceptible d’affaiblir l’autorité publique et la transparence économique. Les conclusions du rapport soulignent ainsi la complexité des rapports de pouvoir en Haïti, où l’emprise territoriale des gangs peut servir des intérêts dépassant le seul domaine criminel.

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