Haïti : plus de 3 millions d’enfants ont besoin d’aide humanitaire, selon l’ONU
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Violences armées, déplacements forcés, fermeture d’écoles et recrutement par les gangs : les enfants haïtiens sont confrontés à une crise humanitaire majeure. Dans son rapport S/2024/253, le Groupe d’experts des Nations unies fait état de violations graves des droits de l’enfant et d’une dégradation de leurs conditions de vie.
Près de 170 000 enfants étaient déplacés à l’intérieur du pays, tandis que plus de 3 millions avaient besoin d’une assistance humanitaire, selon les données citées dans le rapport. Cette situation s’inscrit dans un contexte marqué par l’instabilité politique, la pauvreté, la malnutrition et l’intensification de la violence armée.
Les conséquences sont également meurtrières. En 2023, 167 enfants ont été tués ou blessés par balle, selon le document onusien. Certains auraient été exécutés par des gangs ou des groupes d’autodéfense, soupçonnés de soutenir des groupes rivaux. Le rapport fait également état de violences sexuelles commises contre des mineurs.
L’éducation est elle aussi lourdement affectée. Depuis la mi-janvier 2024, les troubles sociaux ont entraîné la fermeture temporaire de plus de 1 000 établissements scolaires à travers le pays, notamment dans les départements de l’Ouest, de la Grande-Anse, du Nord-Est, des Nippes et de l’Artibonite.
Le recrutement d’enfants par les groupes armés constitue une autre source d’inquiétude. D’après des sources confidentielles citées par les experts, certains mineurs rejoignent ces groupes sous la pression de la précarité économique. D’abord chargés de surveiller des points de contrôle ou de repérer des victimes potentielles d’enlèvement, ils peuvent ensuite être entraînés dans les affrontements. Le rapport souligne également que quitter certains gangs peut s’avérer particulièrement difficile.
Ces enfants recevraient un paiement hebdomadaire minimal de 5 000 gourdes, soit environ 38 à 40 dollars à l’époque considérée. Le document cite plusieurs groupes soupçonnés de recruter activement des mineurs, tout en soulignant les difficultés de la Brigade de protection des mineurs, confrontée au manque de personnel et aux attaques contre les installations policières.
Face à cette situation, la protection de l’enfance représente un enjeu majeur pour les autorités haïtiennes et leurs partenaires. L’accès à l’éducation, l’assistance humanitaire et la prévention du recrutement forcé sont essentiels pour réduire l’exposition des mineurs à la violence et à l’exploitation.
Source : Groupe d’experts des Nations unies sur Haïti, rapport S/2024/253, paragraphes 56 à 61.

