RÉPUBLIQUE DOMINICAINE : CARLOS PEÑA ÉVOQUE UNE REVENDICATION DE 35 % DU TERRITOIRE HAÏTIEN
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Le candidat à la présidence dominicaine Carlos Peña affirme qu’il entend réclamer une partie du territoire haïtien s’il accède au pouvoir en 2028. Dans une déclaration publiée sur le réseau social X, il invoque le traité d’Aranjuez de 1777 pour soutenir que 35 % du territoire d’Haïti appartiendraient à la République dominicaine. Une affirmation historique et juridique contestée par les accords frontaliers conclus ultérieurement entre les deux pays.
« 35 % du territoire d’Haïti nous appartient aux Dominicains selon le traité d’Aranjuez. Cela aurait été une bonne conjoncture pour le récupérer, si, comme le Salvador, nous avions un président courageux comme Nayib Bukele et non un lâche, un traître et un incompétent comme Luis Abinader et tous ceux du PRM », écrit Carlos Peña dans sa publication.
Le dirigeant politique va plus loin en affirmant qu’il entend concrétiser cette revendication s’il obtient la possibilité de diriger la République dominicaine à partir de 2028. « Je le récupérerai à partir de 2028 lorsque Dieu me donnera l’opportunité de diriger la République dominicaine », ajoute-t-il.
Dans sa déclaration, Carlos Peña prend également pour référence le président salvadorien Nayib Bukele, dont il loue le leadership, tout en critiquant sévèrement le chef de l’État dominicain Luis Abinader et son parti, le Parti révolutionnaire moderne (PRM).
Cette prise de position s’inscrit dans un discours nationaliste déjà exprimé par le candidat. En mars 2025, Carlos Peña avait publiquement évoqué la récupération d’une partie du territoire haïtien, estimant alors que près de 40 % du territoire actuel d’Haïti reviendraient historiquement à la République dominicaine. Il avait également annoncé son intention de créer de nouvelles provinces dominicaines dans les zones concernées, selon plusieurs médias dominicains.
Sur le plan historique, le traité d’Aranjuez, signé en 1777 entre la France et l’Espagne, visait à délimiter les possessions coloniales des deux puissances sur l’île de Saint-Domingue. Il s’inscrivait dans un contexte colonial très différent de celui des deux États souverains actuels. Ce document ne peut donc être présenté, à lui seul, comme une reconnaissance juridique de la souveraineté dominicaine sur une partie du territoire de la République d’Haïti.
Par ailleurs, les deux pays ont conclu un traité de délimitation frontalière le 21 janvier 1929. Cet accord, enregistré comme étant en vigueur par le ministère dominicain des Affaires étrangères, a établi le cadre juridique de la frontière entre les deux États. Des dispositions complémentaires ont ensuite été adoptées en 1936.
Les propos de Carlos Peña relancent ainsi les interrogations sur les conséquences que pourrait avoir la diffusion de revendications territoriales de cette nature dans un contexte de relations déjà tendues entre Port-au-Prince et Saint-Domingue. Ils soulèvent également la question du respect des accords bilatéraux et du principe de souveraineté territoriale.
Sources et documents de référence :
- Ensegundos.do – Carlos Peña promet de récupérer une partie du territoire haïtien (20 août 2026)
- Ministère dominicain des Affaires étrangères – Traité de délimitation de la frontière de 1929
- Haiti-Référence – Texte du traité frontalier haïtiano-dominicain de 1929

