Immigration : deuxième vol de déportation vers Haïti en une semaine, l’inquiétude monte
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Miami, 27 août 2026 — Les autorités américaines ont organisé jeudi un nouveau vol de déportation vers Haïti, le deuxième en l’espace d’une semaine. Selon le Miami Herald, plusieurs dizaines de ressortissants haïtiens se trouvaient à bord, parmi lesquels des enfants nés aux États-Unis.
Le vol charter d’Immigration and Customs Enforcement (ICE), parti de l’aéroport exécutif d’Opa-locka, en Floride, devait atterrir à Cap-Haïtien. Le plus jeune passager était âgé d’un an et serait né aux États-Unis, selon les informations transmises aux autorités haïtiennes avant l’arrivée de l’appareil.
Cette accélération des expulsions intervient après la décision de la Cour suprême américaine autorisant l’administration Trump à mettre fin au Temporary Protected Status (TPS) accordé aux ressortissants haïtiens, alors que les contestations judiciaires se poursuivent.
Jusqu’à récemment, les vols de déportation vers Haïti avaient lieu en moyenne une fois par mois. Le vol précédent, effectué une semaine plus tôt, transportait 161 personnes, dont certaines avaient des antécédents judiciaires.
Le Miami Herald rapporte que les autorités américaines avaient prévenu leurs homologues haïtiens qu’une augmentation des expulsions était à prévoir après la décision concernant le TPS. Plus de 300 000 Haïtiens bénéficiaient de ce programme humanitaire, qui leur permettait de vivre et de travailler légalement aux États-Unis.
La situation provoque cependant l’inquiétude des organisations de défense des droits des migrants. Elles estiment que les conditions sécuritaires en Haïti ne permettent pas, à ce stade, d’organiser des retours massifs.
Des expulsions dans un contexte sécuritaire particulièrement fragile
Ces nouveaux retours interviennent alors que Haïti reste confronté à une violence armée généralisée. Selon les données citées par le Miami Herald, près de 1,5 million de personnes ont été déplacées par les violences des gangs.
Le quotidien américain souligne également que les autorités américaines poursuivent leur vaste campagne d’arrestations liées à l’immigration. Près de 50 000 arrestations ont été enregistrées en juillet, selon des données gouvernementales récemment communiquées.
En Floride et dans d’autres États comptant d’importantes communautés haïtiennes, la fin du TPS fait notamment craindre de nouvelles arrestations et expulsions.
Pour les défenseurs des droits des immigrés, la question dépasse désormais le seul statut migratoire : elle porte sur la possibilité de renvoyer des familles entières vers un pays où la sécurité demeure extrêmement précaire.

