Haïti : le parti Les Engagés pour le Développement (EDE) veut organiser des primaires avant les prochaines élections
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Alors que le climat sécuritaire et politique continue d’alimenter les doutes autour de la tenue des prochaines élections en Haïti, le parti Les Engagés pour le Développement tente de se positionner comme l’une des premières structures politiques à enclencher concrètement sa machine électorale.
Dans une correspondance adressée au Conseil électoral provisoire (CEP) et datée du 19 mai 2026, le parti informe officiellement l’institution électorale de son intention d’organiser des élections primaires afin de désigner ses candidats aux prochains scrutins.
Une démarche encore rare dans le paysage politique haïtien, souvent critiqué pour son manque de démocratie interne et l’absence de véritables mécanismes transparents de sélection des candidats.
Selon le document, les candidats validés à l’issue de ces primaires pourront mener campagne dans les « zones sécurisées » du pays, une précision qui rappelle à quel point l’insécurité reste aujourd’hui le principal obstacle au processus électoral.
À travers cette initiative, le parti affirme vouloir contribuer au « renforcement de la démocratie » tout en sollicitant le soutien « impartial » du Conseil électoral provisoire.
Cette annonce intervient dans un contexte particulièrement tendu, marqué par les critiques croissantes contre les autorités de transition accusées de multiplier les annonces électorales sans garantir les conditions minimales de sécurité et de crédibilité du scrutin.
Plusieurs partis politiques et organisations de la société civile continuent de dénoncer l’absence d’un calendrier réaliste ainsi que l’impossibilité pour de nombreuses formations politiques de circuler librement sur le territoire national en raison du contrôle exercé par les gangs armés.
Dans ce contexte, la décision des Engagés pour le Développement apparaît autant comme une stratégie politique que comme une tentative de projeter une image de structuration et d’anticipation électorale.
Mais l’initiative soulève aussi plusieurs interrogations. Comment organiser des activités politiques nationales dans un pays où de vastes zones restent sous l’influence des groupes armés ? Comment garantir une compétition réellement inclusive lorsque certaines régions demeurent pratiquement inaccessibles ?
La référence aux « zones sécurisées » dans la lettre du parti illustre elle-même la fragmentation actuelle du territoire haïtien entre espaces encore contrôlés par l’État et territoires dominés par les gangs.
Malgré ces défis, cette annonce montre que certains acteurs politiques commencent déjà à préparer activement les futures batailles électorales, même dans un climat d’incertitude généralisée.