Ce n’est pas les Blancs, c’est nous » : Nenel Cassy renvoie la crise haïtienne sur la classe politique
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Haïti—l’ancien sénateur des Nippes et leader du parti politique LAVI, Nenel Cassy, a livré un discours sans concession lors d’un point de presse tenu ce dimanche 4 Janvier 2025. Dans une déclaration qui a marqué les esprits, il a affirmé que la situation de chaos que traverse le pays n’est pas la responsabilité des puissances étrangères, mais bien celle des dirigeants haïtiens eux-mêmes.
« Les Blancs ne sont pas responsables du K.O actuel du pays. Ce sont nous, les politiques haïtiens », a-t-il déclaré.
Fondateur revendiqué du département des Nippes, Nenel Cassy a profité de cette rencontre avec la presse pour présenter les orientations sociales et politiques de son parti. Il a insisté sur la nécessité d’actions concrètes, loin des discours, dans un contexte marqué par l’insécurité, l’effondrement des institutions et la défiance de la population.
Le leader du parti LAVI a dévoilé deux projets majeurs que son organisation entend lancer à court terme :
Une mobilisation d’avocats contre la détention prolongée, qu’il qualifie de « faiblesse structurelle majeure de la justice haïtienne ». Cette initiative vise à défendre les droits des détenus sans jugement, un phénomène largement dénoncé par les organisations de défense des droits humains. La seconde initiative vise la scolarisation d’enfants exclus du système éducatif, faute de moyens financiers. Un projet pilote doit démarrer dès septembre prochain dans la commune d’Arnaud, le chef-lieu de l’arrondissement d’Anse-à-Veau, dans le département des Nippes. Cette initiative a pour objectif d’offrir une éducation à tous les enfants en âge scolaire dont les parents n’ont pas la possibilité de les envoyer à l’école.
Nenel Cassy a également rappelé son rôle dans la création du département des Nippes, officiellement institué par la loi du 4 juillet 2003, publiée dans Le Moniteur, le journal officiel de la République d’Haïti. Une réforme administrative qui avait fait passer le pays de neuf à dix départements.
Sur le plan politique, l’ancien sénateur a appelé les neuf conseillers présidentiels à respecter l’accord du 3 avril, tout en précisant que son parti ne participera pas à une future transition politique.
Il affirme toutefois que LAVI reste ouvert à toute collaboration, sans distinction, si celle-ci vise à rétablir la sécurité et l’ordre républicain. Le parti dit privilégier l’accès au pouvoir par la voie des urnes et annonce qu’il présentera des candidats à tous les niveaux lors des prochaines élections.
Nenel Cassy a par ailleurs critiqué ceux qui souhaitent exclure les opposants à l’ancien président Jovenel Moïse des discussions politiques actuelles.
« Ce sont ces mêmes opposants qui résistaient, qui mouraient et qui faisaient face aux gangs sous le régime de Jovenel Moïse », a-t-il rappelé.
Un discours de revendication et de mémoire
Enfin, l’ancien sénateur dit avoir été victime pendant plus de vingt ans d’injustices et de fausses accusations, qu’il attribue à son attachement à l’idéologie dessalinienne.
« On a voulu museler mes revendications pour le peuple haïtien », affirme-t-il, se présentant comme une voix longtemps marginalisée mais toujours engagée.
Dans un pays en quête de repères et de leadership crédible, cette prise de parole relance le débat sur la responsabilité des élites politiques haïtiennes face à la crise multidimensionnelle que traverse Haïti.