Ce référendum n’est pas du peuple” — le MNT tape du poing sur la table
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Port-au-Prince, 27 mai 2025 — Alors que le débat sur le projet de nouvelle Constitution agite les sphères politiques en Haïti, le Mouvement National pour la Transparence-Toutouni (MNT) prend position : oui au référendum, non au processus actuel.
Dans une déclaration officielle rendue publique ce mardi, le MNT réitère son attachement au principe du référendum constitutionnel, qu’il considère comme « une opportunité historique » pour sortir le pays de l’instabilité chronique. Toutefois, le mouvement fustige la gestion du processus, qualifiée de « bâclée » et « déconnectée du peuple haïtien ».
« Le peuple, constituant originaire, doit trancher souverainement. Mais pas dans ce chaos, pas dans cette opacité », a précisé le communiqué.
Retards, opacité, exclusion
Le MNT pointe du doigt de nombreuses violations du calendrier établi par les textes fondateurs. Le Comité de pilotage, installé le 23 août 2024, aurait dû remettre un projet final de Constitution d’ici novembre — un délai largement dépassé.
En outre, le déficit de transparence et la faible inclusion populaire sont au cœur des critiques : absence de plateforme numérique, manque de débats publics, et aucune stratégie de communication de masse.
« Le référendum est confisqué par une élite intellectuelle. La majorité silencieuse est laissée pour compte », déplore le document.
Sur le fond, le MNT se dit favorable à un régime présidentiel fort, capable de sortir du piège du bicéphalisme exécutif. Mais il rejette la proposition d’un État fédéral, jugée irréaliste et précipitée :
« Avant de rêver de fédéralisme, mettons enfin en œuvre la décentralisation prévue depuis 1987 », martèle le Mouvement.
Sur la question de la propriété foncière par des étrangers, le MNT se démarque aussi : ouverture assumée pour attirer les investissements, dans un contexte de reconstruction nationale.
Le MNT insiste : pas de référendum sans retour à l’ordre public. L’insécurité généralisée rend impossible toute consultation populaire sérieuse. Le processus est, selon le mouvement, « compromis par les violences des groupes armés » et l’« indifférence politique ».
Même si l’échéance de 2025 semble irréalisable, le MNT appelle à sauver le débat plutôt que le saboter. Il propose un ensemble de mesures concrètes : site web, plateformes interactives, débats radiotélévisés, lois d’application, et publication du texte en créole et en français.
« Nous soutenons le principe du référendum. Mais pas à n’importe quel prix. Haïti mérite mieux. Haïti mérite un débat profond, ouvert, transparent. »