Haïti : l’opposition se renforce contre Didier Fils-Aimé, de nouveaux partis rallient la déclaration commune
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Pétion-Ville, 7 juin 2026 – La contestation politique contre le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé prend de l’ampleur. Moins de 24 heures après la publication d’une déclaration conjointe dénonçant la gestion du gouvernement et réclamant la mise en place d’un pouvoir exécutif bicéphale, plusieurs partis politiques et regroupements qui n’avaient pas initialement apposé leur signature ont décidé de rejoindre le mouvement.
Cette nouvelle vague d’adhésions renforce considérablement le front de l’opposition progressiste, qui affirme désormais rassembler une part importante des forces politiques et sociales du pays autour d’une même revendication : mettre fin à ce qu’elle qualifie de « dérive autoritaire » du gouvernement de transition.
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Dans leur déclaration, les signataires accusent le Premier ministre de s’être maintenu au pouvoir au-delà des limites prévues par la Constitution. Ils soutiennent que l’interprétation de l’article 149 invoquée pour justifier la continuité de l’Exécutif ne dispose d’aucune base constitutionnelle solide et considèrent le 7 juin 2026 comme une date butoir marquant la fin de toute légitimité politique du gouvernement actuel.


Les organisations signataires dressent également un bilan sévère de l’action gouvernementale. Elles dénoncent une administration qu’elles jugent marquée par le clientélisme, le népotisme et l’inefficacité, tout en soulignant l’incapacité des autorités à répondre aux deux principales missions de la transition : le rétablissement de la sécurité et l’organisation d’élections crédibles.
Selon le document, la progression des groupes armés, la détérioration des conditions de vie de la population et l’absence d’avancées significatives dans le processus électoral constituent les preuves d’un échec global de la gouvernance actuelle.
Le Conseil électoral provisoire (CEP) est également au cœur des préoccupations de l’opposition. Les signataires accusent le gouvernement de chercher à affaiblir l’indépendance de l’institution électorale à travers la nomination d’un directeur général et des mesures qu’ils considèrent comme contraires aux prérogatives constitutionnelles du CEP. Ils estiment que ces initiatives pourraient ouvrir la voie à un processus électoral contrôlé par l’Exécutif.
La déclaration s’en prend également au Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), auquel les signataires reprochent une attitude jugée trop conciliante face aux décisions contestées du gouvernement. Ils appellent les partenaires internationaux à défendre les principes démocratiques et à ne pas cautionner ce qu’ils qualifient de violations des standards électoraux internationaux.
Pour sortir de la crise, les forces politiques regroupées autour de cette initiative proposent l’instauration d’un pouvoir exécutif bicéphale composé de personnalités qu’elles présentent comme compétentes, crédibles et capables d’organiser la fin de la transition dans des conditions acceptables pour l’ensemble des acteurs nationaux.
Les signataires annoncent par ailleurs qu’une feuille de route détaillée sera prochainement soumise aux secteurs concernés afin d’encadrer une éventuelle transition vers cette nouvelle formule institutionnelle.
Enfin, les organisations réunies lancent un avertissement au gouvernement. Elles affirment que toute tentative de prolongation du pouvoir actuel au-delà des échéances qu’elles considèrent légales pourrait déboucher sur une vaste mobilisation populaire à travers le pays.
Avec l’arrivée de nouveaux partis et regroupements au sein de cette coalition, l’isolement politique du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé semble s’accentuer. La bataille autour du contrôle du processus électoral et de l’avenir de la transition s’impose désormais comme l’un des principaux enjeux de la vie politique haïtienne.







