Isolement politique : le gouvernement Didier Fils Aimé et le CPT présidé par le Lavalasien Leslie Voltaire rejetés par le Parti EDE et le BSA pour corruption et illégitimité.-
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Depuis son installation, le gouvernement de Didier Fils Aimé, soutenu par le CPT (Conseil Présidentiel de Transition) dirigé par Leslie Voltaire, peine à obtenir la légitimité nécessaire pour conduire Haïti hors de la crise profonde qu’elle traverse. Le refus du Bureau de Suivi de l’Accord du 30 août 2021 (BSA), également appelé Accord Montana, de dialoguer avec cette administration met en lumière l’isolement politique d’un gouvernement accusé de corruption et d’illégitimité.

Le refus des grands groupes politiques
Le gouvernement de Didier Fils Aimé s’est heurté au rejet catégorique de plusieurs grandes forces politiques. Parmi elles :
• Le parti EDE, qui s’est démarqué par un rejet clair de toute collaboration avec cette administration.
• Le BSA, qui a décliné toute rencontre, soulignant que ce gouvernement s’inscrit dans la continuité d’un pouvoir corrompu, illégitime et indifférent aux souffrances du peuple haïtien.
Le BSA accuse directement le CPT de détourner les termes de l’Accord d’avril 2024, qui prônait une transition pacifique et un exécutif légitime. Sous la direction de Leslie Voltaire, qualifié de “dictateur” par certains opposants, le CPT est vu comme un outil de maintien d’un système politique corrompu, axé sur des intérêts personnels plutôt que sur le bien commun.
L’ombre de Lavalas et les accusations de corruption
Le gouvernement Fils Aimé est également critiqué pour son alignement avec des figures historiques du parti Lavalas, un mouvement politique souvent associé à des accusations de mauvaise gouvernance et de corruption. Les allégations de détournement de fonds publics, particulièrement dans le cadre des services d’intelligence, renforcent le sentiment d’un pouvoir en quête de reconnaissance internationale, plutôt que d’une légitimité nationale.
L’Accord du 21 décembre : un test pour l’opposition
L’autre grand enjeu est de savoir si les signataires de l’Accord du 21 décembre 2022, incluant des figures influentes comme André Michel, Pascal Adrien et Marjory Michel… accepteront de collaborer avec ce gouvernement controversé. Leur position sera déterminante pour le futur politique du pays :
• Un dialogue avec Fils Aimé pourrait être perçu comme une caution à un pouvoir corrompu et illégitime, éloignant davantage les perspectives d’une transition crédible.
• Un refus, en revanche, pourrait permettre la formation d’une opposition unie, capable de proposer une véritable alternative politique.
Pour l’instant, l’opposition reste fragmentée, mais les critiques croissantes contre le gouvernement pourraient inciter les leaders de l’Accord du 21 décembre à adopter une posture ferme.
Un appel à l’organisation d’une opposition forte
L’espoir réside dans l’union des grandes forces politiques et sociales du pays pour s’opposer à ce gouvernement. Les dirigeants influents doivent dépasser leurs divergences pour former un bloc solide, en mesure de remettre en cause l’autorité de Didier Fils Aimé et du CPT.
L’objectif : faire tomber un pouvoir accusé d’aggraver les souffrances de la population et proposer un projet alternatif fondé sur les principes de justice, de transparence et de réformes structurelles.
Le défi de la reconstruction nationale
Haïti se trouve à un carrefour critique. Alors que le gouvernement actuel semble incapable de répondre aux besoins urgents du peuple, l’opposition a une occasion historique de se structurer pour rétablir l’espoir. Cependant, sans unité et sans plan clair, le pays risque de rester piégé dans un cycle de crises et d’instabilité.
Le peuple haïtien, victime de massacres, de déplacements massifs et d’une insécurité galopante, attend des réponses concrètes. Il revient aux acteurs politiques, qu’ils soient issus de l’Accord Montana ou du 21 décembre, de démontrer qu’une alternative crédible et patriote est encore possible.