7 avril 2026

Le La Corée du Nord maintient l’Iran à distance, selon Séoul

3 min de lecture
Pyongyang se distancie de l'Iran pour favoriser un dialogue avec les États-Unis, selon les services de renseignement sud-coréens.

Séoul affirme que Pyongyang n’a pas fourni d’armes à Téhéran, dans l’espoir de rouvrir un dialogue diplomatique avec les États-Unis.

La Corée du Nord semble prendre ses distances avec son partenaire de longue date, l’Iran, dans la perspective d’un possible rapprochement avec les États-Unis, selon les services de renseignement sud-coréens.

Le Service national de renseignement (NIS) de Séoul n’a relevé aucun signe d’envoi d’armes ou de fournitures nord-coréennes à Téhéran depuis le début de la guerre entre les États-Unis et Israël contre l’Iran, déclenchée fin février, a déclaré dimanche le député Park Sun-won, à l’issue d’un briefing à huis clos organisé par l’agence.

Alors que les alliés de l’Iran, la Chine et la Russie, ont multiplié les déclarations publiques sur le conflit, le ministère nord-coréen des Affaires étrangères ne s’est exprimé qu’à deux reprises, dans des termes mesurés, selon le NIS.

Si Pyongyang a condamné les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, les qualifiant d’illégales, il n’a pas présenté de condoléances publiques après la mort du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, ni adressé de message de félicitations à son fils, Mojtaba Khamenei, après son accession à la tête du pays.

D’après le NIS, cette prudence viserait à positionner la Corée du Nord en vue d’une nouvelle séquence diplomatique avec Washington une fois le conflit au Moyen-Orient apaisé, a précisé Park Sun-won.

La succession en question

Lors de la même réunion, les services de renseignement ont indiqué estimer désormais que le dirigeant nord-coréen, Kim Jong Un, préparerait sa fille adolescente à lui succéder. Cette hypothèse s’appuie notamment sur la diffusion récente d’images la montrant au volant d’un char d’assaut.

Ces images viseraient à mettre en avant les aptitudes militaires supposées de l’adolescente, prénommée Ju Ae et âgée d’environ 13 ans. Selon Park Sun-won, ces apparitions publiques rappellent celles de Kim Jong Un lui-même au début des années 2010, lorsqu’il était désigné pour succéder à son père.

La sœur du dirigeant, Kim Yo Jong, était jusqu’ici considérée comme une prétendante potentielle à la succession.

Un geste de Séoul salué par Pyongyang

Lundi, Kim Yo Jong a salué les excuses formulées la veille par le président sud-coréen, Lee Jae Myung, à propos d’une incursion de drone survenue en janvier.

« Le président de la République de Corée a personnellement exprimé ses regrets et évoqué des mesures pour éviter toute récidive. Notre gouvernement considère ce geste comme très opportun et judicieux », a-t-elle déclaré dans un communiqué relayé par l’agence officielle nord-coréenne.

Dans un premier temps, Séoul avait nié toute implication officielle dans cette opération, évoquant l’initiative de civils. Mais Lee Jae Myung a indiqué qu’une enquête avait révélé l’implication de responsables gouvernementaux.

« Nous exprimons nos regrets au Nord pour les tensions militaires inutiles provoquées par les actions irresponsables et imprudentes de certains individus », a-t-il déclaré.

Depuis son entrée en fonction l’an dernier, Lee Jae Myung cherche à rétablir le dialogue avec Pyongyang, reprochant à son prédécesseur d’avoir autorisé l’envoi de drones transportant de la propagande au-dessus de la capitale nord-coréenne. Jusqu’à présent, ses initiatives étaient restées sans réponse.

En mars, Kim Jong Un avait qualifié la Corée du Sud d’« État le plus hostile », promettant de la « rejeter et l’ignorer totalement ».

Vous avez peut-être raté

En savoir plus sur

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture