Projet de Constitution : Dr Joram Vixamar dénonce la volte-face de Jerry Tardieu et accuse l’élite politique et économique de vouloir étouffer une réforme conçue pour sortir le pays de la centralisation et de l’exclusion
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Port-au-Prince, 24 mai 2025 — Dans un message fort et sans détour, le Dr Joram Vixamar, l’un des huit membres signataires de l’avant-projet de la nouvelle Constitution haïtienne, a réagi avec fermeté aux récentes critiques formulées par l’ancien député Jerry Tardieu. Ce dernier, pourtant ancien coordonnateur d’un groupe de travail sur la réforme constitutionnelle au sein du Comité de Pilotage, s’est récemment opposé au projet actuel, le jugeant inadapté et clivant.
“Pourquoi Jerry Tardieu critique aujourd’hui ce sur quoi il a travaillé hier ?”, s’interroge le Dr Vixamar dans une déclaration publiée sur les réseaux. Pour lui, l’opposition de Tardieu, ainsi que celle de plusieurs figures influentes du secteur privé et de l’État, cache une frustration politique : “Leur plan n’a pas passé.”
Un projet au service des régions et non de l’élite métropolitaine
Le Dr Vixamar souligne que l’avant-projet constitutionnel marque une rupture nette avec la centralisation extrême du pouvoir à Port-au-Prince. “Le budget de l’État ne crée plus une République de Port-au-Prince”, écrit-il, mais devient un outil de développement pour les départements et les communes, dans une logique de décentralisation réelle.
Le projet prévoit également :
•L’allocation d’au moins 4 % du PIB à l’éducation, contre 1,1 % actuellement,
•L’intégration des jeunes, des femmes et de la diaspora dans la vie politique,
•La réduction du nombre de postes politiques (députés, sénateurs, élus locaux), avec des missions renforcées et des moyens accrus.
Des critiques sans fondement, selon Vixamar
Le Dr Vixamar accuse les détracteurs du projet — notamment des juristes proches du pouvoir économique — de critiquer sans proposer : “Ils parlent de division nationale, mais ne citent aucun article. Ils ne font que défendre leurs intérêts.” Il insiste sur le fait que rien dans le texte n’est contraire au développement du pays, et rappelle que l’article concernant la propriété foncière étrangère n’a pas été modifié.

Dans une conclusion chargée de méfiance envers les élites traditionnelles, Joram Vixamar lance un avertissement :
“Depuis quand ces messieurs sont-ils du côté du peuple ? Je souhaite que chacun réfléchisse profondément avant de se laisser emporter par leurs discours.”
Cette sortie marque un nouvel épisode dans le bras de fer autour de l’avenir constitutionnel du pays, alors que la population attend toujours une réforme porteuse de stabilité, de justice sociale et d’équilibre institutionnel.
