5 avril 2026

Transport aérien : Air France quitte Aéroport de Paris-Orly après près de 80 ans de présence

2 min de lecture
La compagnie nationale française, Air France, prendra sa retraite à l'aéroport de Paris-Orly ce samedi 28 mars, marquant la fin d'une présence historique. Cette décision est motivée par des difficultés économiques persistantes et l'essor du transport ferroviaire.

Paris, 28 mars 2026 — C’est la fin d’une page d’histoire pour la compagnie nationale française. À partir de ce samedi 28 mars, plus aucun avion d’Air France ne décollera de l’aéroport de Paris-Orly. Une décision motivée par des difficultés économiques persistantes sur les liaisons opérées depuis le sud de la capitale.

Le dernier vol aux couleurs du pavillon tricolore, l’AF6231 à destination de Nice, doit quitter le tarmac à 21 heures, marquant la fin d’une présence entamée le 24 juin 1946 avec une liaison inaugurale vers New York.

Pendant près de huit décennies, Air France aura entretenu des liens étroits avec Orly. Après avoir quitté Le Bourget en 1952, la compagnie avait fait de cette plateforme son principal point d’ancrage jusqu’à l’ouverture, en 1974, de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle.

Des appareils emblématiques, du Boeing 747 au Boeing 767 en passant par la Caravelle, ont jalonné l’histoire de la compagnie sur les pistes d’Orly, deuxième aéroport français avec plus de 33 millions de passagers recensés en 2025.

Selon Henri Hourcade, directeur général France du groupe Air France-KLM, la rentabilité des liaisons domestiques au départ d’Orly n’était plus assurée. La montée en puissance du transport ferroviaire à grande vitesse, notamment avec l’offre développée par la SNCF dans les années 2000, a progressivement réduit l’attractivité des vols intérieurs.

La loi Climat et résilience de 2021 a également restreint certaines dessertes aériennes lorsqu’une alternative ferroviaire de moins de 2h30 existe. À cela s’est ajoutée la crise sanitaire du Covid-19, qui a modifié durablement les habitudes de déplacement, avec le recours accru au télétravail et aux visioconférences.

Malgré des ajustements tarifaires et une réduction des fréquences sur certaines lignes, notamment vers Toulouse et Nice, la compagnie estime que ces liaisons ne correspondent plus à son modèle économique.

Le départ d’Air France ne signifie pas un retrait total du groupe à Orly. Sa filiale à bas coût, Transavia, devient désormais l’opérateur principal sur la plateforme, avec plus de 33 % de parts de marché. Elle devance notamment Vueling et easyJet.

Air France concentre désormais ses opérations parisiennes à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, confirmant une réorganisation stratégique engagée depuis plusieurs années.

Ce départ symbolique illustre les profondes mutations du transport aérien français, confronté à la concurrence du rail, aux impératifs environnementaux et à l’évolution des comportements des voyageurs.

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