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5 juin 2026

Des hommes politiques ayant passé deux ans à jouer avec le pouvoir, occupés à défendre leurs intérêts personnels et installer des réseaux à leur solde, qui se retrouvent aujourd’hui dépossédés de ce qu’ils avaient pris pour leur jouet

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Un « djobeur en chef » avec des jobs à distribuer. Des aspirants « djobeurs » avec leurs mains tendues, qui arpentent les officines, se serrent dans les antichambres, multiplient les appels, s’aplatissent, font serment d’allégeance, jurent être des adeptes du donnant donnant.

Des hommes politiques ayant passé deux ans à jouer avec le pouvoir, occupés à défendre leurs intérêts personnels et installer des réseaux à leur solde, qui se retrouvent aujourd’hui dépossédés de ce qu’ils avaient pris pour leur jouet. Qui essayent de se refaire une santé. Abandonnés par leurs partis qui les désavouent maintenant qu’ils ont tout perdu. Abandonneurs abandonnés ayant transformé un projet collectif certes bancal mais qui aurait pu déboucher sur du positif, auteurs de la catastrophe premier-misnistre-délégué des ambassades et des pires anti nationaux du milieu des affaires.

Des diplomates en pro-consuls, chefs de troupe, officiers d’intelligence… Il ne leur manque plus que les uniformes d’amiral en chef, de chef de bataillon, d’aide-de-camp, de petit caporal. Ils ont pris la place des historiens, des intellectuels haïtiens, des enseignants. Il ne reste plus qu’à fermer la Faculté des Sciences humaines, l’Ecole normale, brûler Price-Mars et Louis-Joseph Janvier, Roumain et Benoit Joachim.

Les fonctionnaires trumpistes ont tout compris et font la leçon avec les discours et les armes qui conviennent aux enfants de Dessalines, nègres incultes et barbares comme l’était leur ancêtre.

Des affairistes qui poussent un grand ouf de soulagement. « On va pouvoir faire des affaires ». Tout vendre de ce qui n’a pas encore été vendu. Sans comptes à rendre. « A nous l’État, le commerce ». S’enrichir ici et en jouir ailleurs…

Des mercenaires dont la mission n’est pas claire. Tuer sans doute. Mais qui ? Des bandits sans doute. Mais aussi ceux qui sont autour. Tuer certainement, mais pas que. Et pour quel montant ? Bénéficiant de quels contrats ? A quelle dette ou dépendance engage-t-on le pays ?

Des thuriféraires qui reprennent du service. Tel pasteur qui applaudit dès que les blancs débarquent. Tel dirigeant d’organisme de défense des droits humains qui voit des vendeurs de drogue partout, dès qu’on n’est pas d’accord avec les exigences des Etats-Unis, et ne parle jamais des victimes collatérales des actions aveugles menées dans les quartiers populaires. Tel chroniqueur de pacotille qui n’a jamais rencontré un homme aussi doué de qualité que le poulain des ambassades…

Quel triste défilé n’ayant rien à voir avec la fête populaire, subversive, en contre pouvoir, des romans de Roa Bastos, Carpentier, Asturias, Amado, Garcia Marquez… Mais qu’est-ce que les faiseurs de pouvoir et de malheur qui défilent devant nous, bousculent la circulation dans leurs véhicules blindés, se pavanent dans leurs beaux costumes et leurs uniformes, et se gavent de per diem, de frais, de contrats occultes ont à voir avec l’hypothèse des fêtes populaires.

Pourtant les enfants savent que « lamayòt » n’est pas la vérité et finissent toujours par se faire entendre en criant : Madigra m pa pè w ».

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