26 avril 2026

Haïti : le parti Fusion répond à Richard Widmaïer sur le décret relatif aux délits de presse

2 min de lecture
Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens réagit fermement à l'appel de Richard Widmaïer pour l'abolition du décret de 2025. Ils soulignent que la liberté de la presse, un droit constitutionnel, est essentielle pour contrôler l'action publique et protéger l'intérêt général.

Port-au-Prince, 26 mars 2026 — Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens a publié une réponse ouverte à Richard Widmaïer, président de l’Association Nationale des Médias Haïtiens (ANMH), après son appel à l’abolition du décret du 18 décembre 2025 portant prévention et répression des délits de diffamation et de presse.

Cette prise de position intervient à l’occasion du 56e anniversaire de Radio Métropole, dans un contexte de débat soutenu sur l’encadrement juridique de la liberté d’expression en Haïti.

Dans son texte, la Fusion rappelle que la liberté de la presse constitue un droit constitutionnel et un acquis majeur de la démocratie haïtienne, au regard notamment des périodes autoritaires traversées par le pays. Le parti souligne le rôle central des médias dans le contrôle de l’action publique, la diffusion de l’information et la défense de l’intérêt général.

Tout en réaffirmant son attachement à une presse libre, la formation politique estime que la liberté d’expression « ne saurait être confondue avec la liberté de nuire ». Elle évoque l’existence de dérives dans le paysage médiatique national : accusations non vérifiées, propagation de rumeurs, campagnes de dénigrement visant des personnalités publiques ou des citoyens.

Le décret contesté énumère plusieurs infractions considérées comme délits de presse, notamment la diffamation, l’injure, la diffusion de fausses nouvelles susceptibles de troubler l’ordre public, le cyberharcèlement et le discours haineux fondé sur des critères tels que la race, la religion, le sexe ou l’opinion politique.

Réformer plutôt qu’abolir

Pour la Fusion, le débat ne doit pas porter sur l’existence même d’un cadre légal, mais sur sa formulation et son application. Le parti reconnaît qu’une loi mal conçue pourrait devenir un instrument d’intimidation. Toutefois, il estime que son abolition pure et simple créerait un vide juridique susceptible de favoriser l’impunité.

La formation appelle ainsi à un « débat constructif » en vue d’aboutir à une législation équilibrée, conciliant protection de la réputation et respect des libertés fondamentales.

Ce nouvel échange public entre acteurs politiques et représentants du secteur médiatique illustre les tensions persistantes autour de la régulation de la presse en Haïti, dans un contexte institutionnel marqué par de fortes sensibilités autour des libertés publiques.

Vous avez peut-être raté

En savoir plus sur

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture